vendredi 30 juin 2017

05-Réforme Fiscale

Ne manquez pas non plus au bas de  ce numéro:

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- Guignol'S Band

MA REFORME FISCALE


Constat: nous avons en France 214 impôts différents, c'est-à-dire que nous pourrions faire de plus d'un jour sur deux de l'année, Le Jour consacré à un impôt particulier[1]

Ce simple fait suffirait à justifier un raz-le-bol fiscal, raz-le-bol accru de voir chaque gouvernement promettre SA réforme fiscale laquelle, tel un serpent de mer – à défaut d'être monétaire – revient à "la une" de l'actualité avec la régularité des changements de majorité.

Devant cette incurie politique, j'ai décidé de coucher dans ce blog MA propre réforme fiscale en caressant l'espoir de faire passer parmi mes lecteurs quelques idées à soumettre aux nouveaux élus de nos législatives. Devant une telle entreprise, un premier devoir de modestie s'impose, car je serais entrainé trop loin si je voulais traiter de tous les impôts identifiés ci-dessus. Je limiterai donc mon exercice aux impôts majeurs que sont:

-        l'impôt sur le revenu, responsable d'une collecte de quelques 76 milliards d'euros[2] prélevés sur les individus et les ménages

-        la TVA, responsable quant à elle des 185 milliards ponctionnés sur l'économie

-        la CSG enfin, et autres OFNIs[3] responsables d'une collecte complémentaire de quelques 140 milliards sur l'ensemble des acteurs économiques

La somme des 401 milliards identifiés sur ces trois postes pourra paraitre un objet d'analyse insuffisant au regard des plus de 1000 milliards d'impôts que l'Etat, les Collectivités locales ou la Sécu dévorent chaque année. Mais si je réussis à faire passer quelques messages de critique raisonnée sur le sujet, j'aurai fait – plus qu'exposer un simple point de vue personnel – une réelle œuvre de salut public.

Le dévoiement de l'Impôt sur le Revenu (IR):


Constat: moins d'un français sur deux redevables de l'IR paie actuellement cet IR…plus précisément, sur 37,4 millions de foyers fiscaux identifiés en 2015, seuls 17,1 millions (48%) étaient assujettis à l'IR. Parmi ces derniers, les 10% des foyers les plus aisés paient 74% du total collecté. On peut donc dire que l'IR tel que pratiqué actuellement est un déni de l'égalité des citoyens devant l'impôt…

Comment en est on arrivé là?

Passons sur les motivations démagogiques de politiciens soucieux de flatter un électorat de plus en plus important au fur et à mesure des "réformes fiscales" par eux effectuées, pour évoquer les multiples exonérations, dérogations, niches fiscales accumulées au fil du temps et des lois de finances votées au nom du souci présumé d'une plus grande égalité devant l'impôt…

Ainsi, il n'est que de faire l'inventaire à la Prévert des exonérations accordées via leurs déductions du revenu fiscal de référence[4]: revenus de "certains capitaux mobiliers", de ceux des impatriés, des indemnités des élus locaux, des abattements sur bénéfices de pêcheurs, jeunes créateurs, jeunes agriculteurs, des salariés détachés à l'étranger, des plus-values mobilières des JEI[5], SCR[6], FCPCR[7], des sociétés unipersonnelles de placement à risque, de titres détenus à l'étranger…

Dans le même esprit, cette liste doit être complétée de celle des charges déductibles: CSG déductible[8] sur revenus du patrimoine, pensions alimentaires, cotisations sur PERP, PREFON, COREM[9], CGOS[10], abattements pour personnes âgées, invalides, enfants mariés, pacsés, chargés de famille…

Et n'oublions pas les réductions d'IR et multiples niches fiscales attribuées au fil du temps: dons à divers organismes, financement des partis, emploi d'un salarié à domicile, "prestations compensatoires", souscription de parts FIP[11], parts de SEF[12], investissements outre-mer, frais d'adhésion CGA ou AGA[13], investissements Malraux, Scellier, Pinel, intérêts d'emprunt, de prêts étudiants, cotisations syndicales etc…etc…

Tout ceci avec deux types de conséquences:
-        encouragement à l'irresponsabilité de ceux qui ne paient pas l'IR: c'est en effet la porte ouverte à toutes les promesses populistes lesquelles, confrontées à la question de leur financement, induisent la sempiternelle réponse " y a qu'à faire payer les riches"[14]

-        l'irréversibilité des aménagements ainsi octroyés puisque la quasi-totalité des contribuables bénéficient de l'une ou l'autre de ces mesures, voire plusieurs, leur permettant, soit de ne pas payer l'IR normalement dû, soit d'en minorer son montant[15]

Le remède à cet état de choses appelle donc un traitement de choc en deux temps:

-        la suppression pure et simple de l'IR: elle permet de facto de rétablir l'égalité de tous devant l'impôt

-        son remplacement par une part additionnelle de TVA comme on va le voir maintenant

Extension du domaine de la TVA:


Cette extension est justifiée pour, d'une part, compenser la suppression de l'IR préconisée ci-dessus et, d'autre part, réincorporer divers impôts sur la consommation identifiés plus bas.

Constat: pour le consommateur, la TVA est un impôt indolore[16]: on ne voit sur les marchés, ou dans les magasins, aucune protestation de l'acheteur à s'acquitter du prix TTC de la marchandise convoitée. Cet acheteur est ainsi désintéressé de l'usage que l'Exécutif fera de cette collecte d'impôt.

Face à ce constat, et compte tenu de la suppression préconisée de l'IR, deux mesures s'imposent:

-        afficher les prix à la consommation hors taxes de façon à responsabiliser chaque consommateur, en particulier le contribuable actuellement exonéré de l'IR: c'est en passant à la caisse qu'il prendra pleinement la mesure de l'impôt dont il doit s'acquitter en sus du prix HT, et au même titre que tous les autres contribuables[17]

-        moduler le taux[18] de TVA pour, simultanément, obtenir la collecte complémentaire des 78 milliards obtenus précédemment via l'IR, et maintenir/rétablir une justice fiscale en fonction des possibilités de chacun à s'acquitter de cette TVA

Actuellement, seuls 3 taux de TVA sont censés régler la répartition de l'impôt en fonction de la plus value constatée sur la marchandise vendue: taux "normal" (20%), "réduit" (5 ou 10%) et "super réduit" (2,1%). Cet éventail n'est pas assez ouvert si l'on veut atteindre les deux objectifs ci-dessus.

Afin d'assurer une collecte compensatoire à celle de l'IR il faudra aller bien au-delà des 20% de taux "normal"; et encore bien au delà (100%, 200%...) pour les produits de luxe on ostentatoires[19]. Pour tout dire, ce taux devrait être une fonction de la valeur ajoutée déclarée par les sociétés qui les produisent: à plus grande valeur ajoutée[20], plus fort taux de TVA.

Et afin d'atteindre l'objectif de justice fiscale, pourquoi se priver d'une TVA "plus que super réduite" (1% ou 0,5%...) sur les produits de première nécessité comme la nourriture "primaire", i.e. avant toute transformation de celle ci? Il serait alors logique d'appliquer aux produits agro-alimentaires un taux de TVA fonction, là aussi, de leur valeur ajoutée, la taxation la plus haute s'appliquant aux plats cuisinés/surgelés, une excellente incitation pour le consommateur à revenir vers une cuisine familiale, réputée plus saine[21] et moins onéreuse…

On le voit, via la TVA, le législateur a toute faculté pour ajuster la charge pesant sur chaque consommateur en fonction de l'arbitrage que ce dernier pourra faire entre ses besoins et ses moyens: par là, cet impôt indirect payé par tous peut se révéler finalement plus juste que l'IR tel qu'à présent dévoyé.

La réincorporation de certains impôts:


Examinons le cas d'impôts appelés pudiquement "sur les produits"1;il s'agit:
-        de la TICPE[22] sur les produits pétroliers (23,6 milliards collectés)
-        de la taxe sur les tabacs (11,6 milliards)
-        du "fonds du service public" sur la production d'électricité (3,7 milliards)
-        de l'impôt sur "l'énergie électrique" (2 milliards)
-        etc…etc…

Il saute à l'esprit du lecteur qu'il s'agit là d'impôts sur la consommation[23] - en particulier comme l'atteste le "C" de la TICPE. Dès lors, chacun de ces impôts devrait être traité comme une TVA – l'Impôt sur la Consommation par excellence – avec le taux de prélèvement ad'hoc.

Illustrons par le cas de la TICPE la réincorporation proposée: en 2013 le prix à la pompe du carburant se décomposait comme suit[24]:



Dès lors, le prix HT à la pompe du litre de Sans plomb 95 – d'un prix moyen TTC en 2013 de 1,54 euros[24] – aurait été de 0,67 euros…faisant toucher du doigt le poids des impôts au moment de passer à la caisse! Avec deux types "d'avantages":
-        "toutes choses égales par ailleurs"[25] la baisse du prix du brut de 50% enregistré[26] entre 2013 et 2017 aurait conduit pour cette dernière année à un prix HT de 0,42 euros soit une diminution à la pompe de 37%: on le voit, ce prix HT reflète bien mieux les évolutions de cours du pétrole brut
-        et "toutes choses égales par ailleurs", la dépréciation dans l'intervalle de 10% de l'euro par rapport au dollar[27], aurait conduit à un prix HT de 0,71 euros soit une augmentation de 5,9%: de quoi faire réfléchir les inconditionnels de l'euro faible!

Et dans notre proposition de suppression de la TICPE au profit d'une simple TVA, le taux à appliquer pour restituer le prix à la pompe 2013 à partir de son prix HT aurait été de…130%!
Deux attitudes possibles face à ce résultat:
-        il est scandaleux de taxer comme un produit de luxe ce qui est constitutif d'un instrument de travail: politiciens, écoutez nous!
-        ce n'est pas trop cher payer dans la perspective recherchée d'un abandon des énergies carbonées: consommateurs, réfléchissez bien…

On voit par là à quel point l'affichage des prix hors TVA est un instrument pédagogique pour éduquer le consommateur à la réalité des prix, et un instrument politique permettant l'incitation à de nouvelles habitudes de consommation.

Cas des autres impôts "sur les produits":


Le lecteur aura compris que des schémas semblables devraient être mis en place pour la transformation des autres taxes énumérées plus haut en autant de TVA au taux de prélèvement convenable. Une remarque additionnelle toutefois sur les taxes frappant l'électricité: l'imagination débridée de Bercy fait que cette production est gratifiée de 3 taxes[28] additionnelles, TCFE[29], CSPE[30], CTA[31], elles mêmes sujettes… à la TVA! Question: quelle est la valeur ajoutée d'une taxe?

On voit dans ce dernier cas une manœuvre "à la Shadock"  pour masquer la réalité des coûts: il serait trop simple d'intégrer ces coûts dans le prix HT du KWh affecté du taux de TVA ad'hoc!

Le cas de la CSG et autres OFNIs


Constat: la CSG est un faux semblant permettant le prélèvement d'un impôt direct sur des revenus non perçus.

Développons.

Telle qu'imaginée par son promoteur[32], la CSG est une mesure légitime permettant d'étendre la fiscalité directe, ne s'appliquant au départ que sur les seuls revenus du travail (l'IR), à l'ensemble des revenus travail + patrimoine. Elle est censée financer la CNAM, la CNAF[33], le FSV[34] au moyen d'un prélèvement sur les revenus bruts du travail (salaires, pensions de retraite[35]) et du patrimoine (plus values mobilières, d'assurances vie, de CEL, PEL…)

A partir de ce principe simple et justifié, le législateur a cru bon d'opacifier la chose en introduisant deux types de CSG:

- la CSG "déductible de l'IR"

- la CSG "non déductible de l'IR", définie comme "la partie de la CSG qui ne minore pas le revenu imposable"(sic)…

Pour comprendre le suc de cette dernière définition, il faut prendre un exemple:

Exemple: avec les taux 2017 en vigueur à ce jour[36] (2,4% "non déductibles" et 5,1% "déductibles"[37]) un salaire annuel brut de 10 000 euros résulte en un salaire net[38] de 9 250 euros après retrait de 750 euros, somme des deux contributions savoir:
- 240 euros "qui ne minorent pas le revenu imposable", mais qui, en fait l'augmentent car:
- 510 euros viennent en déduction du revenu imposable, lequel s'élève donc à 9490 euros: notre salarié est donc imposé pour 9 250 euros perçus + 240 euros non perçus…

Admirez le tour de passe-passe comme seul un inspecteur des finances a pu l'imaginer: la CSG "déductible de l'IR" est en fait une déduction du revenu imposable, lequel devient supérieur au revenu perçu pour un montant égal à la CSG "non déductible"[39]

On voit par là que la CSG:
- est un IR prélevé à la source sur les revenus bruts (CSG totale)
- ajoute un IR sur un pourcentage de revenus non perçus (CSG "non déductible") ce qui, allié à une variation des taux imprévisible, fait de cet instrument l'impôt le plus opaque qui soit.

Ce constat fait, on peut s'étonner du silence (assourdissant comme il se doit) de la part des acteurs économiques qui ont été témoins, en leur temps, de la naissance de cet OFNI du 3ème type…

Remède: il s'impose sous la forme d'une seule catégorie de CSG venant en déduction du revenu brut dans les conditions applicables aux autres déductions, i.e. minorant d'autant le revenu imposable

Et ainsi créer une Contribution Sociale véritablement Généralisée, alors qu'à présent elle impute à la fraction des contribuables qui paient l'IR une quotepart "non déductible" (sic) de cette contribution.

Et pour quelques OFNIs de plus…


Pour être complet, il faut ajouter à la CSG les contributions sociales qui suivent1:
-        la CRDS[40] qui alimente à hauteur de 6,3 milliards d'euros la CADES[41] et dont l'assiette est identique à celle de la CSG, avec un taux actuel de 0,5%
-        la CASA[42] qui n'est perçue que sur les seules retraites (au taux de 0,3%)[43]. Question: la solidarité pour l'autonomie ne concerne t'elle que les seuls retraités?

Ainsi que 3 autres contributions qui ne touchent qu'aux seuls revenus du capital:
-        le prélèvement social (au taux de 4,5% sur ces revenus)
-        la "contribution additionnelle au prélèvement social" (sic) (0,30%)
-        le prélèvement de solidarité (2%)

taux qui viennent s'ajouter à la CRDS et au taux spécifique de CSG de 8,2%: les revenus du capital sont donc actuellement taxés à 15,5% un chiffre bien connu de ceux qui ont le malheur d'avoir placé leurs économies dans l'assurance vie…

On voit par là que le législateur, sous couvert de solidarité sociale, se permet de créer des taxes au fur et à mesure des besoins sans toucher aux taux de CSG: un écran de fumée de plus alors que la transparence fiscale aurait appelé à diversifier davantage les taux de CSG[44] pour rendre compte de la résistible ascension des déficits sociaux.

En Conclusion


La réforme fiscale telle qu'esquissée propose le regroupement des différents impôts et taxes identifiés sous la formule de deux seuls impôts existants:
-        la CSG: impôt direct sur les revenus du travail et du capital et destiné essentiellement à contribuer au financement de la protection sociale
-        la TVA: impôt indirect sur la consommation et destiné à financer les services de l'Etat et des Collectivités territoriales

Ce choc de simplification véritable ne serait pas sans effort: il devrait s'accompagner d'une plus grande diversité des taux de prélèvement, adaptée aux différentes situations de financement à assurer.

En particulier la TVA, du fait de la disparition préconisée de l'IR d'une part, de la réincorporation d'anciennes taxes sur la consommation d'autre part, devrait voir ses taux simultanément diversifiés et augmentés: l'affichage des prix à la consommation hors TVA aurait pour effet de sensibiliser chacun à la vérité des prix et à l'effort à consentir au regard des politiques décidées tant au niveau national qu'au niveau local.

Mais ce choc de simplification aurait un autre effet bénéfique: la diminution sensible des contrôles fiscaux à effectuer par Bercy permettrait de diminuer sensiblement le nombre de fonctionnaires de ce Ministère, un premier pas vers l'allègement de la dette publique[45] et du montant de sa charge annuelle (42 milliards[46]) qui engloutit plus de la moitié de l'IR actuel…

Et tout le reste n'est que littérature.




[2] Rapport 2015 de la DG des finances publiques; sauf exception, les montants communiqués dans cet article sont relatifs à l'année 2015
[3] Objet Fiscal Non Identifié comme tel, style CRDS, CASA, "autres contributions sociales"…
[5] Jeune entreprise innovante
[6] Société à capital risque
[7] Fonds commun de placement à risque
[8] Cf plus bas § sur la CSG
[9] Complémentaire retraite mutualiste
[10] Comité de gestion des œuvres sociales
[11] Fonds d'investissement de proximité
[12] Société d'épargne forestière d'épargne forestière 
[13] Centre, Association de gestion agréé(e)
[14] Sous entendu: "les plus riches que moi"…
[15] Ami lecteur, n'es tu pas bénéficiaire de l'une quelconque de ces mesures?
[16] Au contraire des entreprises qui ont à en faire une déclaration et un paiement mensuels: https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F23566
[17] C'est le principe de la sales tax en vigueur aux USA
[18] Sans en modifier l'assiette qui, par définition de la TVA, couvre la totalité des biens et services produits
[19] Je pense en particulier à tous ces 4x4 qui encombrent inutilement nos villes…
[20] Réelle ou fictive: la "VA" sur un produit de luxe n'est souvent que la marque sous laquelle il est commercialisé…
[21] A un moment où sont dénoncés les multiples additifs autorisés en filière de transformation agroalimentaire
[22] Taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers (ancienne TIPP)
[23] Sauf peut être à l'esprit de l'inspecteur des finances dont est sorti l'un ou l'autre de ces impôts…
[24] https://www.prix-carburants.gouv.fr/rubrique/pedagogique/ (regrettons que ce site ne soit pas mis à jour depuis 2013)
[25] En particulier en supposant constants dans l'intervalle les prix de raffinage, transport et distribution
[28] Cf. votre dernière facture d'électricité
[29] Taxe sur la consommation finale d'électricité
[30] Contribution au service public d'électricité
[31] Contribution tarifaire d'acheminement d'électricité
[33] Assurance maladie et allocations familiales
[34] Fonds de solidarité vieillesse
[35] Car ces pensions sont financées par les cotisations des actifs sur leurs revenus
[36] Car "le taux d'une charge sociale peut être revalorisé plusieurs fois par an": http://www.la-retraite-en-clair.fr/cid3191294/comment-est-imposee-une-pension-retraite.html#la csg, la crds et la casa
[37] J'invite les retraités à reprendre cet exemple avec les taux s'appliquant à leur cas: 2,4% et 4,2% respectivement
[38] "Toutes choses égales par ailleurs": abstraction faite des 31 autres déductions affectant ce salaire: http://www.la-retraite-en-clair.fr/cid3191294/comment-est-imposee-une-pension-retraite.html#la csg, la crds et la casa
[39] Suis-je clair?
[40] Contribution au remboursement de la dette sociale
[41] Caisse d'amortissement de la dette sociale
[42] Contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie
[44] Qui sont différents selon que l'on taxe des salaires, des revenus de capital, des pensions de retraite ou de chômage
[45] Qui a, rappelons le, récemment dépassé les 2000 milliards d'euros…
[46] "paiement annuel des intérêts de la dette": http://comptespublics.fr/article/dette-de-letat/

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Indolence


Dans notre société franchouillarde actuelle il est de bon ton de rejeter sur "les autres" la cause de ses propres échecs. Si un parallèle avec les USA peut être instructif, il convient de citer un récent bouquin Hillbilly Elegy, analysé dans le magasine TIME, et dans lequel l'auteur dénonce les habitudes d'indolence prises outre atlantique: "incapacité de se rendre à l'heure au travail, refus de suivre les instructions de la hiérarchie, préférence pour rester à ne rien faire sous un toit souvent financé par les aides publiques…un nombre impressionnant d'individus n'ont tout simplement pas la discipline requise pour travailler".
A un autre endroit l'auteur se hasarde à en pointer les causes "profondément culturelles…le laissez aller moral et le manque de formation rigoureuse des jeunes".
Cela vous rappelle quelque chose?

Des animaux et des hommes


Le dogmatisme aveugle de certains défenseurs de la cause animale les conduit assez régulièrement à prétendre que l'Homme est le seul animal à tuer ses semblables.
Ils n'ont visiblement pas regardé les documentaires animaliers qui montrent comment le mâle dominant – particulièrement chez nos proches mammifères – n'hésite pas à massacrer les rejetons d'une lignée enfantée par le mâle qu'il vient de supplanter dans ses attributs de "chef".

Instinct de propriété, instinct de compétition


La gôche héritière de Proudhon – "La propriété c'est le vol!" – ne s'est jamais contentée de contester la légitimité de la propriété privée; elle conteste également le bien fondé de la compétition entre individus – que ce soit à l'école ou au sein de l'entreprise – comme génératrice d'inégalités sociales…
Ce faisant, elle se heurte à deux des plus puissants instincts de l'être humain. S'agissant de l'instinct de propriété, il n'est que d'observer les rapports que les bambins entretiennent entre eux dans le bac à sable, au sujet de leurs pelles et seaux…
Quant à l'instinct de compétition, attendez que la puberté ne fonde sur ces mêmes bambins, pour observer la compétition à laquelle ils ne tarderont pas à se livrer pour séduire un partenaire sexuel "de choix".

Dévoiement de l'ENA


Notre nouveau ministre de l'économie avait préconisé, alors qu'il était candidat à la Présidence, la suppression de l'ENA – objectif ambitieux quand on sait la cohorte des anciens élèves de cette prestigieuse école occuper les postes clés au sein des gouvernements(*) successifs comme au sein de la haute administration.
C'est pourtant pour occuper ces derniers postes d'administrateurs que l'ENA avait été crée au sortir de la seconde guerre mondiale, afin que cette haute administration assure une permanence des services de l'Etat, indépendamment de la couleur politique de l'exécutif gouvernemental.
Force est de constater que cette permanence est remise en question au vu de la phagocytose du champ politique opérée par ces mêmes individus.
Via ce dévoiement de l'ENA, la France fait peu à peu sienne l'une des plaies du système politique US qui voit Donald-trompe incapable de mettre en place l'essentiel de son administration près de 6 mois après son investiture.
(*) comme il en est lui-même un exemple!

Du bon usage des pétrodollars


Le récent 'deal' que Donald-trompe s'est récemment vanté d'avoir conclu avec l'Arabie saoudite n'a pas uniquement pour conséquence la mise en quarantaine du Qatar par ses "partenaires" du Conseil de Sécurité du Golfe [persique]. C'est une nouvelle occasion de réfléchir sur les rapports et accords commerciaux que nous entretenons avec la 'Nation Arabe'.
Rappelons que Donald-trompe a conclu un contrat pour 110 milliards de dollars de fourniture d'armement à l'Arabie. Avec plus de 20 milliards d'euros de fourniture militaire au Qatar, nous – la France – ne sommes pas les derniers à surarmer les pétromonarchies, en dépit de l'attitude pour le moins ambiguë de ces dernières à l'égard du bourbier du Moyen-Orient.
Dans le même temps, et à notre connaissance, ces mêmes pétromonarchies n'ont pas accueilli sur leur sol de réfugiés Syriens, pourtant pour l'essentiel des 'frères arabes', de confession sunnite de surcroit.
Ne pourrait on suggérer à ces émirs bien aimés de nos marchands de canon qu'ils pourraient faire un meilleur usage de leurs pétrodollars afin d'assurer la survie de populations civiles condamnées à un exode massif?
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Guignol's Band

Les guignols de l'info sont morts…vive le Guignol's Band!




Méluche & Dany (suite)
Le grand amour continue entre les deux ex-trotskistes(*): suite au discours "sur la paix" du Coluche-triste à Marseille, Dany-le-rouge a qualifié ce dernier d'un "pacifisme anti-américain bête et méchant" et digne de "Georges Marchais dans les années 60". La révolution prolétarienne est décidément bien En marche!
(*) cf. Guignol's band de février 2017

Bottines à perles
A droite, c'est la fin de la valse hésitation de Christine-bottines: après avoir qualifié Jupiter-macron de "peste & choléra", elle s'est déclarée prête à voter au 2ème tour des présidentielles pour Marine-la-peine bien que cette dernière ne soit pas "sa tasse de thé".


Ingratitude des cieux
Ségo-la-démago ayant raté la marche du PNUD(*) et Normal 1er n'ayant pas réussi à lui attacher un parachute doré avant son départ de l'Elysée, elle avait tenté de prendre le train En marche! C'est ainsi qu'elle s'était flattée d'avoir voté pour Jupiter-macron à la présidentielle. Las! Cet ingrat ne l'a prévenue "qu'au dernier moment" qu'elle ne resterait pas au gouvernement!
(*) cf. Guignol's band de février 2017

Choix cornélien
Lors de la présidentielle, Najat-bécassine avait suggéré que le Parti Sectaire "pose ses conditions" en préalable à un soutien de Jupiter-macron au second tour. Mais elle s'est faite durement renvoyée dans ses buts sur le thème "quand il s'agit de faire barrage à Marine-la-peine, on ne met pas de conditions". Fermez le ban.

 Ecolo compatible
Jusqu'à il ya peu, l'Agité-du-meuble ne tarissait pas d'éloge sur le candidat désigné à la primaire du Parti Sectaire pour représenter ce dernier tant à la Présidentielle qu'aux législatives. "C'est un excellent candidat écolo" disait-il. Au vu du score obtenu par Hamon-bon-cœur lors de ces deux élections, on peut dire que son candidat préféré a collé au palmarès écologique!

Sœur Anne, ne vois-tu rien venir?
Après avoir cosigné avec l'intéressée une tribune commune sur l'avenir de la gôche, L'amère-de-Lille n'a pas daigné se déplacer pour le lancement de "Dès demain", le parti de sa cosignataire Séville-anne. Ce que c'est que la solidarité de classe…

Justice bolivarienne
Notre Coluche-triste a juré la main sur le cœur qu'il se rendrait à la convocation des juges faisant suite à la plainte en diffamation de la SosGen. Nul doute qu'il y attachera davantage d'égard qu'à celle déposée à son encontre par un journaliste du "Monde" – chargé de couvrir, entre autres, le Venezuela de Chavez – journaliste qu'il avait qualifié de "terroriste repenti à la solde de la CIA", et pour laquelle il s'est défilé par 5 fois aux convocations de la justice.

Lutte intergénérationnelle
Agacée de s'entendre dire que les REM incarnent le renouveau, Rachida-dentier a interpellé son interlocuteur – un REM de la première heure – l'accusant d'avoir été au RPR avant qu'elle ne soit née. Renseignement pris, elle avait à l'époque largement dépassé l'âge de la puberté. Le compte est bon?

Titanic écolo
Duflot-de-paroles ne devrait pas tarder à accuser Normal 1er d'être responsable de son élimination au premier tour des législatives. N'avait elle pas accusé celui-ci d'avoir assassiné le groupe écolo, alors que ce dernier explosait du fait de son incapacité à régler la succession de Denis-beau-pain au poste de vice-président de l'Assemblée?

Raffarinade
Pris à parti comme étant responsable de la défaite LR par ses petits camarades, le Bossu-du-Poitou s'est fâché tout rouge lors du dernier bureau politique et a menacé de quitter le parti pour créer son propre sous groupe Jupitaro-compatible. Au vu des résultats, il a surtout réussi à le(*) couper en 2!
(*) le parti, bien sûr

Capitaine…d'industrie!
A l'issue des législatives, le département du Nord ne compte plus un seul député du Parti Sectaire. D'où l'ire de l'Amère-de-Lille qui, en petit comité, en impute la responsabilité à Normal 1er et son "orientation pro-MEDEF". Normal 1er futur patron d'entreprise? Gare le bas de bilan!


Perverse Anne
Epouse d'un stratège qui avait prédit 150 élus du Parti Sectaire aux législatives, et qui a été éliminé dès le premier tour face à Marielle-la-béarnaise, la Séville-anne a voulu se venger en poussant son responsable com' à balancer à la Justice les turpitudes parlementaires de la N°2 du Modem…en faisant de son N°1 et Garde-des-sots une victime collatérale!

Anne la flambeuse
Pour faire (bien) vivre ses 60 000 employés municipaux, Séville-anne, encore elle, pratique la cavalerie budgétaire avec une dette qui a pratiquement doublé durant ses 4 premières années de mandat. Pourtant, elle n'a pas lésiné sur les augmentations de taxe d'habitation (+60% pour les "non-résidents") de taxe de séjour (+100%) des redevances de pompes à essence (+220%) etc…etc…(à suivre, en vue de 2020)

Propos librement inspirés de " la marre aux canards" d'un hebdomadaire satirique paraissant le mercredi


mercredi 8 février 2017

04-Journaleux

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- Guignol'S Band


POUR UNE CRITIQUE RAISONNEE DU JOURNALISME CONTEMPORAIN


Essai en forme de palimpseste

"Les journaleux?
…deuxième traverse de mon gibet"
(Delaunay-Brunnard)


Depuis plusieurs décennies le journalisme professionnel se complait dans une dérive de ses techniques visant à façonner l'opinion publique. Par là, il accentue de plus en plus un  pouvoir des média[1] qui, à la différence des autres pouvoirs s'exerçant en société démocratique, a la particularité de ne pas connaître de contre-pouvoir.
Cette dérive se traduit par la liberté que ce journalisme se permet de prendre, en toute impunité, au regard de la déontologie minimale que sa mission suppose.
Cette impunité avec laquelle un nombre croissant de représentants de cette profession qui n'aurait pas dû se départir de sa mission initiale: informer, avec tout ce que de noblesse peut contenir ce simple mot, cette impunité dis je, est de plus en plus insupportable à tout citoyen doué d'un minimum d'esprit critique.
Ces "représentants" du journalisme ne méritent guère que le nom de journaleux par opposition à celui de journaliste que continue de mériter une frange – de plus en plus mince hélas – de cette profession.
Irrité par le comportement de ces journaleux, qu'ils soient du genre plumitif (presse écrite), baveux (radio) ou exhibitionniste (téloche), j'ai entrepris de leur adresser ce modeste pamphlet en forme de palimpseste. Je ne doute pas que le journaleux à la lecture de ce dernier mot ne se précipite sur son dico pour en trouver le sens, ni que sa culture limitée ne lui permette de déceler le texte initial qui en a inspiré la forme… Le journaliste digne de ce nom, quant à lui, aura tout de suite reconnu, et ce texte, et son auteur.

Bonne lecture jubilatoire donc!

*   *

Parmi les différents défauts que l'on peut reprocher à un journaleux, cinq d'entre eux méritent qu'on s'y attarde:
-        la paresse d'esprit, qui lui fait aller du dévoiement de vocabulaire au plagiat pur et simple
-        l'incompétence, et son corollaire l'arrogance, ou comment empêcher plus compétent que soi de pouvoir s'exprimer
-        la quête du "scoop", magnifiée par sa complaisance dans l'émotionnel
-        la paucité du discours, et la tentation qu'elle sous-tend de s'en remettre au discours ambiant
-        l'a-numérisme, qui fait ramener sur un même horizon flou l'utopie et le réalisme

Voyons dans le détail chacun de ces défauts.

La paresse d'esprit


Plutôt que d'aller chercher le mot juste, le journaleux se raccroche au "buzz word" en vogue. Ainsi il n'y a pas si longtemps, et avant que le buzz "mondialisation" ne le remplace dans la cause de tous les maux de la Terre, ceux ci semblaient trouver leur origine en "Asie du Sud Est". Ce faisant les journaleux en vinrent à classer dans cette région du monde la Chine, le Japon, le Népal[2] pour ne relever que ces exemples…Autres buzz contemporains cette fois sont les "zéro quelque chose", qu'il s'agisse de la tolérance, du défaut ou du risque. Et que dire des "Plan Marshall", des "Grenelle" réclamés ici ou là pour sauver tel secteur en difficulté ou promouvoir telle élusive réforme, ou encore "l'ascenseur social est en panne" – formule bien commode pour expliquer certaines dérives sociétales…

Dans cette chasse au buzz, la mode évolue très vite et un mot en vogue ne tarde pas à être chassé par un autre plus in: ainsi les récents attentats terroristes ont rapidement déclassé le mot "séisme" au profit de la "sidération"[3].

Cette paresse d'esprit se manifeste de la façon la plus risible chaque fois qu'il s'agit de traduire un mot, une locution d'origine étrangère ou d'utiliser cette locution hors contexte.  Quelques exemples pêle-mêle:
-        "tsunami": rappelons que ce mot d'origine nippone ne saurait désigner un raz de marée à l'extérieur de l'Asie extrême orientale; mais sans doute est il trop difficile pour un journaleux de prononcer son équivalent français depuis le début de l'année 2005 qui vit semblable catastrophe dévaster cette région du monde
-        "droits humains": traduction littérale de "human rights" qui devrait pourtant se traduire tout simplement par "droits de l'Homme", locution d'origine française que diable[4]!
-        "déforestation": pourquoi ne pas parler plus simplement de déboisement?
-        "flexibilité": la traduction exacte de "flexibility" est "souplesse": ce mot bien français serait il plus difficile à prononcer que son équivalent anglo-saxon?

Et de la paresse d'esprit au plagiat il n'y a souvent qu'un pas lorsque, se laissant aller à citer un confrère, notre journaleux "oublie" tout simplement de mentionner la source de son inspiration.

Ainsi ce Directeur de la publication d'un quotidien spécialisé dans le recyclage des anciens maoïstes de déclarer, devant un auditoire admiratif que "la paix, c'est comme l'oxygène que l'on respire". Belle formule s'il en fut – mais que ce prince des folliculaires s'est bien gardé d'en créditer son véritable auteur, l'éditorialiste américain Fareed Zakaria qui l'avait énoncée plusieurs années avant lui dans NewsWeek[5]

L'incompétence


Demandez à un spécialiste quelqu'il soit et quelle que soit sa spécialité de commenter l'article, l'interview d'un journaleux sur la spécialité en question: "Que des conneries!" sera sa réponse invariante… Pour moi qui suis de formation scientifique et technique, c'est évidemment sur ce terrain que je surprends régulièrement le journaleux en flagrant délit de connerie. Sans aller chercher des concepts complexes[6], écoutez seulement un journaleux se perdre dans les unités de grandeurs physiques (une force exprimée en CV, une intensité électrique en Watts[7]..) sans qu'à aucun moment il n'exprime le moindre doute sur la "vérité" qu'il est en train d'asséner.
Et quand on a affaire à une grandeur qui est le produit de deux autres (une énergie, une puissance..) ou leur quotient (une pression, une accélération..) on ne trouve plus personne…

Pas étonnant dans ces conditions que, pour débattre des grandes questions scientifiques du moment (le nucléaire[8], la biotechnologie, la génétique…) le journaleux, plutôt que de faire l'effort de rechercher parmi la communauté scientifique les personnalités les plus compétentes, le journaleux dis je, s'en remette à des Associations, ces ONG qui ont une idée bien arrêtée sur ces questions, manquant de rigueur peut être, mais si simple à comprendre[9] et à faire passer au lectorat/auditoire.

Pas étonnant non plus que le journaleux ait pris pour sujet de prédilection les "sciences molles" (psychologie, sociologie, économie..), celles qui permettent de "démontrer" à peu près tout et son contraire. Pas un journal qui n'ait son sociologue de service, pas une émission thématique qui ne fasse intervenir un psy – "ces Thomas Diafoirus de notre siècle[10]"! Quant aux économistes, il est bien établi à présent que l'Economie est une "science" qui permet par comparaison avec la météo, d'estimer que cette dernière est un modèle de science exacte…

Et pour masquer son incompétence, le journaleux recours à son arme de prédilection: l'arrogance. "Le devoir du journaliste est d'appuyer là où ça fait mal": quoi de plus arrogant que cette profession de fois d'un journaleux qui postule avant même le début de l'interview qu'il en sait assez sur le sujet pour piéger son interlocuteur? Au reste et afin de déstabiliser son vis-à-vis, il n'hésitera pas à lui couper la parole, à l'interrompre avant qu'il n'ait fini d'exposer la totalité de son argument, en un mot occuper le terrain, contribuant à rendre ainsi ce que sont devenus la plupart des interviews: inaudibles.

La quête du "scoop"


Le journaleux cherche toujours et partout le scoop quelqu'en soit le prix en termes de distorsion de la vérité et en termes de complaisance dans l'émotionnel[11].

Car la meilleure recette du scoop, celle qui marche immédiatement en termes d'audience, consiste à jouer sur l'émotion du lecteur/auditeur/téléspectateur. Le journaleux va donc systématiquement privilégier les nouvelles porteuses d'émotion, ou à l'intérieur d'une même nouvelle, le contenu potentiellement émotionnel de cette dernière. En face d'une catastrophe, par exemple, le journaleux se départira d'abord du contenu rationnel – les causes, l'impact économique, la probabilité de récurrence… – pour rechercher ce qui pourrait maximiser l'émotionnel.
"Les média flattent la terreur et la pitié" (Michel Serres citant Aristote) et les récentes surprises électorales – Brexit, Trump… – sont là pour rappeler que cette valorisation de l'émotionnel se fait au détriment du factuel.

Le fin du fin, c'est de trouver quelqu'un qui souffre pour lui faire rapporter cette souffrance (presse écrite), le faire parler "authentique" (radio), voire le montrer dans toute sa détresse (téloche).
"La presse est basse" (Charles De Gaulle, commentant la couverture indécente par les journaleux du décès de sa fille handicapée)

Mais la nature humaine est ainsi faite que les émotions s'émoussent vite. Donc la logique du journaleux sera de sauter de cata en cata afin de pouvoir surfer sur une vague émotionnelle ininterrompue; et c'est un truisme de dire que, dans ces conditions, un événement est condamné à disparaître de "la une" très rapidement, et ce quel que pût être son intérêt informationnel. Dans sa recherche du scoop, le journaleux s'auto condamne donc à l'émotionnel et par là, à l'instantané.

La paucité du discours


Ultime conséquence de cette recherche du scoop, le journaleux dans sa recherche de l'info pouvant justifier la une, est tenté de créer de toute pièce de l'information. Dans sa solide stupidité il ignore que le contenu informationnel d'un message ne peut que décroître avec son traitement selon un théorème fondamental de la Théorie de l'Information[12]. Mais on ne peut demander à un journaleux d'avoir étudié, ne serait ce qu'un minimum, cette théorie pourtant fondamentale pour son métier. En présence par exemple d'une dépêche de l'AFP, et en absence de toute information exogène à cette dépêche, le malheureux va se mettre à la triturer dans tous les sens pour essayer d'en accroître le contenu – de préférence émotionnel comme vu ci-dessus.

Bien sûr, un minimum de bon sens conduit tout un chacun à reconnaître la vanité de l'exercice[13]. La tentation est grande alors pour le journaleux de rajouter cette information exogène qui lui permettra d'atteindre son but; tous les procédés sont bons pour cela:
-        prêter l'oreille à la rumeur, se faisant par là l'instrument privilégié de dissémination de tout ce que le Net et les réseaux a-sociaux propagent de désinformation – on en voit tous les jours les effets lors de jugements rendus sur des affaires de pédophilie, de harcèlement sexuel…
-        fusionner l'information initiale avec une autre information "similaire": c'est l'amalgame qui permet de faire d'une bagnole incendiée l'ébauche d'une émeute, l'attaque isolée d'un Noir dans le métro la preuve d'une montée du racisme, voire de celle de l'insécurité dans les transports collectifs[14]
-        appeler à la rescousse le psy ou le socio de service qui ne manquera pas "d'expliquer" l'événement initial en rajoutant son commentaire pseudo scientifique
Et je ne parle pas ici du mensonge pur et simple encore que les condamnations fréquentes de journaleux pour diffamation soient là pour rappeler que ce procédé n'est pas si rare…

La recherche d'un contenu exogène à ce que peuvent délivrer les agences dont c'est le métier (AFP, Reuter…) conduit le journaleux de l'espèce "baveux" à ouvrir un standard au travers duquel il espère enrôler l'opinion publique dans la discussion du sujet du moment. Mais cette opinion publique qui croit savoir[15], véritable hyène engendrée par des chacals, n'est elle pas elle-même le résultat du faible discours du journaleux? Ouvrir le standard n'a donc pour résultat qu'un feedback amplifiant le message jusqu'à sa distorsion dans un effet Larsen informationnel.
Pierre Bouteiller dénonçait fort justement "ceux qui croient que l'on crée une émission en ouvrant un standard"…

L'a-numérisme


"On peut faire dire aux chiffres ce que l'on veut". Déclaration privilégiée du journaleux incapable d'appréhender la quantification des informations accessibles à la mesure. Pourtant, et bien souvent, la différence entre un raisonnement utopique et une proposition réaliste réside dans la quantification que l'on peut faire de leurs conséquences. Ainsi du journaleux qui propose[16] tout de go de remplacer les centrales nucléaires par autant d'éoliennes en ne réalisant pas qu'il faudrait de l'ordre d'un millier d'éoliennes pour remplacer un réacteur.

Ainsi c'est bien souvent dans la manipulation des ordres de grandeur que le journaleux fait preuve de son inconséquence: cela n'a pas choqué le journaleux de service d'annoncer, peu de temps après l'arrivée des socialos en 2012, que la dette nationale venait d'atteindre 2 milliards d'euros alors que le chiffre exact était mille fois plus important. Du même genre, cette assertion d'un journal très parisien annonçant que "la puissance nucléaire installée de la France sera maintenue à 63,8 mégaWatts", en lieu et place des 63,8 gigaWatts réels…

Cet a-numérisme atteint son apogée lorsque un nombre est censé découler d'une simple règle de 3 qui est comme chacun sait l'antichambre intellectuelle du calcul des proportions. Ainsi d'un journaleux opérant sur France Culture qui n'a pas hésité à affirmer, alors que la Russie se dépêtrait dans la crise ouverte en Ukraine, que "le Rouble avait perdu 100% de sa valeur". Question: quel est le contenu résiduel d'un sac de billes qui a perdu 100% de son contenu?

Parfois c'est un problème à peine plus compliqué dans lequel le journaleux se prend les pieds. Ainsi de l'annonce "d'un champ dont la surface cultivée passe de la moitié aux deux-tiers, c'est à dire un gain de un tiers"[17]!

Dans son film Le déclin de l'empire américain, Denys Arcand fait dire à un professeur d'histoire: "il y a trois choses importantes en histoire: premièrement le nombre, deuxièmement le nombre et troisièmement le nombre…"Ce qui serait valable pour l'histoire, ne serait il pas valable pour toute autre discipline traitant de l'information?
 
*   *

Ouvrons une parenthèse.


Quel impact en termes politiques d'une telle dérive journalistique?
La récente émission télévisée sur FR3 "un temps de Président", résultat de plusieurs mois de tournage "dans les coulisses de l'Elysée", permet de toucher du doigt cet impact, qui est énorme.

Malaise au sortir de l'émission: l'essentiel de l'action de l'Exécutif est un combat permanent avec les média:
-        témoin le temps passé entre les représentants de cet exécutif – Président, ministres, conseillers – à préparer et se préparer – quels éléments de langage? quelle attitude  à adopter? quelles questions accepter/refuser? – jusqu'à l'omniprésence de la maquilleuse durant l'enregistrement de la prochaine intervention ou le nombre stupéfiant de clichés du Président (pris par un journaleux) en vue de choisir la meilleure "image" à diffuser…
-        dans le camp d'en face, le rassemblement des média aux moindres apparitions de cet Exécutif, sous la forme d'une meute que précède la profusion de perches à micro/caméra comme autant de hallebardes prêtes à soutenir une charge militaire[18]
Et face à tout ce fatras, les rares instants durant lesquels l'Exécutif parle de politique et dont les dialogues ne peuvent manquer d'évoquer le Café du Commerce

D'où les questions:
-        Afin d'affronter les média, l'apparence n'a-t-elle pas pris la place de la substance au sein de l'Exécutif?
-        Le temps long du politique n'a t'il pas cédé la place au temps court du scoop évoqué plus haut?
-        Le 4ème pouvoir en a-t-il trop pris (de pouvoir) pour arriver à dicter à cet Exécutif l'attitude à prendre?
-        Plus grave encore, les contre vérités, les approximations valorisées au plan émotionnel au détriment des faits objectifs n'a-t-elle pas favorisé l'émergence de cette "post-vérité" sur laquelle un Donald-trompe a pu s'appuyer pour accéder à la Présidence des USA?[19]
"Ce sont les média qui font à présent les politiciens"(Michel Rocard)

Et que dire de la quasi religion des sondages d'opinion: on peut comprendre que les média qui en font leur miel aient un intérêt à multiplier cet exercice qui se révèle piètre prescripteur du futur, mais n'ont-ils pas refilé cette fièvre à la classe politique qui en fait à présent une consommation autant dispendieuse[20] qu'inutile?
"Si Lénine revenait, il n'écrirait pas Que faire? il ferait un sondage d'opinion"[21]

Dans le film "The queen", Stephen Frears nous montre comment les journaleux britanniques – les fameux tabloïds coprophages – en exploitant l'émotion causée par la mort accidentelle de Diana ont contraint la Reine Elizabeth à s'humilier publiquement devant un peuple à reconquérir au plan affectif. Par là, ces journaleux ont failli mettre en péril la monarchie d'outre manche, une institution qui avait survécu victorieusement au "blitz".

*   *

Enchaînons.


S'il est un domaine où le journaleux se révèle particulièrement dangereux c'est bien dans le traitement médiatique du terrorisme. Il est à présent admis que le traitement[22] du terrorisme doive passer par celui de sa propagande. Hors, cette guerre de propagande déclarée par le terroriste[23], le journaleux fait tout pour nous la faire perdre, et dans ce tout on retrouve les défauts énoncés plus haut:

Le dévoiement du vocabulaire, exemples:
-        "kamikaze": c'est faire trop d'honneur à ces dérangés suicidaires que de les ranger sous le même qualificatif que ceux des japonais qui se sacrifiaient pour la défense de leur pays
-        "djihadiste": faire référence à un terme qui ne devrait être utilisé que par des exégètes du Coran, détourne le lecteur/auditeur de ce que sont en réalité ces terroristes: de simples islamo-fascistes.

La dérive émotionnelle du message que renvoie le journaleux en recherche du scoop: un attentat terroriste est évidemment formaté pour exploiter cette dérive.

L'incompétence à juger de l'importance relative sur le long terme[24] d'attentats qui font, objectivement, bien plus de victimes dans le monde arabo-musulman que dans le nôtre.

La répétition ad nauseam des noms, des photos, des vidéos de ces islamo-fascistes: il est indécent que les frères Machin soient à présent plus "célèbres" que leurs victimes. Ces répétitions ne peuvent conduire qu'à valoriser, auprès d'esprits faibles tentés de suivre leur chemin, de soi disant "martyrs" qui ont ainsi trouvé moyen de passer à la postérité.

"Toute publicité est bonne à prendre" proclamait Roy Cohn, cet avocat US coach et mentor de Donald-trompe durant la jeunesse de ce dernier[25]. Ce qui s'est révélé exact pour un populiste pourrait bien le devenir pour les islamo-fascistes.

Pour contrer la croissance – exponentielle du fait de cette publicité – des enrôlés de l'islamo-fascisme, il faudra bien que le journaleux vienne à collaborer avec les services de sécurité en agissant exactement à l'inverse de ce qu'il fait aujourd'hui:
-        regrouper sous un même terme générique – islamo-fascistes n'étant qu'un exemple – tous les suiveurs de cette entreprise mortifère
-        en particulier ne désigner les multiples groupuscules qui s'en réclament, et qui naissent comme champignons, que sous un vocable global du type groupuscule islamo-fasciste et laisser aux services de sécurité compétents le soin de décrypter les différences plus ou moins subtiles pouvant exister entre ces groupes
-        ne désigner les responsables d'attentats, suicides ou non, que sous la forme par exemple d'un N° matricule parfaitement anonyme, et à fortiori ne diffuser aucun message, aucune photo de ces individus

Dans l'Egypte ancienne, un pharaon qui prenait le pouvoir prenait soin de marteler le cartouche nominal de son prédécesseur sur tous les édifices exposés à la vue du public: en supprimant ce nom de la mémoire collective, il s'assurait qu'une contestation de son nouveau pouvoir ne pourrait se faire jour.
Faisons de même avec les islamo-fascistes: ils seront d'autant moins dangereux que l'on trouvera la force et les moyens de les faire oublier.

Et en guise de conclusion provisoire:


"Que ce que nous disons ici ait été dit maintes fois, peu importe que cela plaide contre nous, si cela plaide en faveur de ce que nous disons"[26].

On ne combattra les défauts décrits plus haut qu'en réformant en profondeur les écoles de journalisme, ces écoles qui tendent à former des individus coulés dans le même moule de la facilité et du politiquement correct[27]. Il s'agit de dénoncer "l'abandon par ces écoles de l'objectif d'objectivité au profit d'un journalisme d'attachement"[28] – lequel fait passer l'émotionnel avant la vérité des faits susceptibles de l'engendrer. Dénoncer dans le même temps ce journalisme qui, du fait de son incompétence sur bien des sujets, favorise la croyance en des "faits alternatifs" colportés par les réseaux numériques et accrédités par des ONG à la compétence tout aussi douteuse.

Le Politique devrait s'emparer de cette juste cause – à condition de ne pas céder à la faiblesse de simplement vouloir exister aux yeux des média – et pour ce faire, devrait enrôler les acteurs de la connaissance que sont les Scientifiques, les mieux à même de les aider car rompus à la confrontation permanente des idées à la réalité objective tirée de l'expérimentation. En d'autres termes, et comme l'a résumé le sociologue Gérald Bronner, il s'agit de "faire reculer en nous le savant d'illusion"[29].

Au risque de voir les journaleux "nous faire remonter l'échelle de Darwin",[30] opposons à tous ces tenants de la croyance un véritable contre pouvoir: celui du savoir.

Et tout le reste n'est que littérature.



[1] Dejà pluriel de medium, ce mot ne saurait prendre un S au risque de pléonasme grammatical…
[2] le seul critère à retenir ne devrait être que l'appartenance à l'ASEAN, dénomination officielle des pays de cette zone; mais le journaleux sait il seulement ce qu'est l'ASEAN?
[3] Cité sur France Culture, dans l'émission Esprit Publique du 27 novembre 2016
[4] Cf le Snippet que j'ai consacré à ce sujet dans mon édition de mars 2016
[5] Le plagiat de cet hebdomadaire US semble relever d'une prédilection puisque j'ai pu prendre un ancien spécialiste de géopolitique sur France Inter en train de lire au mot près un article entier de ce journal, sans qu'il n'éprouve le besoin de citer la source d'une chronique qu'il se contentait ainsi de traduire en français
[6] A propos de séisme, on entend régulièrement "le séisme, d'une magnitude de X sur l'échelle de Richter qui en compte Y…" alors que cette échelle, ouverte, ne compte évidemment pas de niveau maximum
[7] Dans son roman les "Mauvais coups", Roger Vaillant évoque "une méchante ampoule de 40 ampères". Sous la tension habituelle de 220 V, la "méchante ampoule" serait en fait équivalente à un projecteur de cinéma…même si ce romancier est plus qu'un simple journaleux, il m'a semblé pertinent de rapporter ici cette remarque pour futile qu'elle puisse paraître.
[8] Le journaleux officiant tôt le matin chez France Inter n'a pas hésité à déclarer qu'il s'agissait d'une énergie fossile (cf. Le Robert: "énergies fossiles: matériaux combustibles formés [..] par transformation de végétaux")
[9] "Ça c'est bien" ou "ça c'est pas bien" c'est à peu près à quoi se résume bien souvent l'idée de ces Associations "militantes" et bien sûr "citoyennes" sur telle ou telle de ces questions
[10] Déclaration d'un des avocats de la défense au procès d'Outreau, durant lequel les psy se sont montrés parfaitement ridicules
[11] ici on serait tenté d'écrire "Inutile de développer"
[12] Claude E.Shannon, A Mathematical Theory of Communication, 1948
[13] Chacun garde en mémoire ce sketch de Coluche où "On s'autorise à penser dans les milieux autorisés…"; parfaite illustration des contorsions du journaleux essayant de faire rendre à un message un contenu informationnel alors que ce contenu est quasi nul au départ ("Les chefs de gouvernement se sont refusés à toute déclaration…")
[14] Ainsi de cette annonce il y a quelques temps par le journaleux de service d'une "prise d'assaut de la base OTAN de Kandahar" – le factuel: 4 "kamikaze" auto-sautés et 1 soldat tué…
[15] Cf Gerald Bronner, La Démocratie des Crédules, ed.PUF, 2013
[16] Ou ce qui revient au même, se fait le porte parole de l'Association "compétente" qui préconise cette "solution"
[17] Ami lecteur, tu n'as pas oublié que la comparaison de 2 fractions exige leur conversion au même dénominateur, ce qui te permettra de trouver la solution: 1/6
[18] Ou plus récemment cette autre meute coursant les parlementaires LR avec cette unique question: "vous avez un plan B?"…
[19] Cf les chroniques de Brice Couturier sur France Culture, semaine du 9 au 13 janvier derniers
[20] Cf le scandale de l'affaire Bygmalion
[21] Philippe Meyer, Démolition avant travaux, 2002
[22] Au sens militaire du terme: traiter un objectif, c'est le détruire
[23] Qu'il soit Corse, Basque ou Islamiste: la logique de la terreur est trans-idéologique 
[24] Cf mon édition de mars 2016 sur le sujet
[25] Cf l'émission L'ascension de Donald Trump sur FR5 du 10 janvier
[26] Alors, journaleux, tu as deviné l'ouvrage sur lequel a été récrit ce palimpseste?
[27] Et le biais gauchisant induit par ce moule: le terme "extrême-gauche" est il devenu tellement indicible que le journaleux n'utilise plus à sa place que celui de "gauche de la gauche"?
[28] Chroniques de Brice Couturier déjà citées
[29] La démocratie des crédules, opus déjà cité
[30] Philippe Meyer, chronique du 18 mars 2013 sur France Culture

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Droit du sol versus Droit de la mère

Le droit du sol est il encore pertinent? Dans un monde où une parturiente peut, entre deux avions – quand ce n'est pas dans l'avion – accoucher dans un pays avant de repartir dans un autre, quelle peut être la légitimité d'une citoyenneté attribuée sur le seul critère du lieu de naissance? Cette question peut être posée de façon plus générale, la mobilité des personnes étant une des composantes de l'inexorable mondialisation.
L'alternative, opposée par ses détracteurs, ne pourrait être que le "Droit du sang" dont l'appellation est suffisamment malsaine pour en assurer le rejet par l'opinion commune. 
Cependant, et la maternité étant la seule certitude qui soit en matière de transmission héréditaire(*) ne pourrait on pas définir un "Droit de la mère", le nouveau né recevant automatiquement la citoyenneté de sa mère biologique?
(*) comme chacun le sait, la paternité n'est "qu'un acte de foi"…

Téloche & vaccination

Il est ironique de constater que ces deux découvertes/inventions majeures faites par l'Occident sont la base de la menace existentielle pesant sur ce dernier.
Car enfin, sans la vaccination et la spectaculaire chute, en particulier de la mortalité infantile qu'elle a permise, pas d'expansion démographique incontrôlée et partant, pas de pression sur les ressources de la planète, pas d'exode massif des populations du tiers monde fuyant la pénurie de ces ressources – ou la guerre menée par ceux qui veulent se les approprier – et en final, pas de crise des réfugiés…
Pour la téloche, il n'est pas un seul slum dans ces pays qui ne la reçoive, car considérée comme un bien de première nécessité – bien avant le frigo. Et c'est par cette téloche que ces populations voient notre façon de vivre, cette "occidental way of life" qui leur apparaît alors comme le rêve à réaliser, l'objectif d'un exode à accomplir.

Pénélopegate

D'abord et avant que l'on ne m'accuse un peu vite de "hurler avec les loups", je rapporte ce que j'avais écrit le 3 décembre, peu de temps après le succès de Fillon à la primaire "de la droite et du centre":

Au lieu de porter ses voix sur le consensuel Juppé qui était à peu près sûr de l'emporter sur n'importe quel adversaire du second tour de Présidentielle, la droite la plus bête du monde (dixit Mendès France) a préféré tout miser sur un "pur et dur" qui va rassembler des opposants de tous les bords depuis le FN jusqu'aux gauchos de tous poils. Ce faisant, il (Fillon) risque de passer bientôt pour "le candidat des riches" versus "le candidat des pauvres". Et c'est sur des slogans de ce genre que Normal1er s'était fait élire il y a 5 ans…

On voit à présent que Fillon n'aura pas eu besoin de débattre avec ses adversaires à la Présidentielle pour devenir "le candidat des riches à privilèges" aux yeux de l'électorat…
Voilà également ce qu'il en coûte de n'avoir pas poursuivi clairement l'objectif premier de la primaire en question: désigner le candidat le mieux à même de mettre le Parti Sectaire à la porte.

Droits de l'Homme à points

La Chine procède, à titre expérimental dans la ville de Suining (province du Sichuan), à la mise en place d'un système de notation de sa population via la récupération de toute info pertinente: décisions de justice, infractions aux codes en vigueur, sanctions des incivilités, voire activités sur Internet contrevenant à la déontologie numérique du Parti. Le score individuel ainsi établi – en nombre de points perdus – conduira à priver l'individu concerné de droits et de services de façon proportionnée à cette perte. A l'inverse, le bon citoyen capable de conserver tous ses points durant une suffisamment longue période se verra proposer des gratifications en nature – priorité dans certaines files d'attente, préférences d'accès aux meilleures écoles…une grande première pour récompenser les citoyens respectueux de la Loi.
Par référence à notre "permis de conduire à points", la Chine n'est elle pas en train d'inventer les "droits de l'homme à points", chacun étant crédité à sa naissance d'un même quota, parfaitement équitable car indépendant de la situation sociale de ses parents? (à suivre).

Révolution numérique, un résumé

Comment résumer en quelques phrases la révolution numérique en cours et ses effets immédiats? Un article paru dans un récent TIME me paraît relever ce défi:
"Que peut signifier mettre un ordinateur à portée de main de chaque humain et de relier instantanément ce dernier avec tout ses semblables? Quand la révolution typographique de Gutenberg a rendu possible un large partage d'idées à travers le temps et l'espace, les effets politiques et sociétaux qui ont suivi inclurent la Réforme, les Lumières, la naissance de la Démocratie et les Révolutions industrielle et scientifique. En d'autres termes, tout depuis les habitudes quotidiennes jusqu'à l'ordre international fut détruit et reconstruit. Quels changements, et avec quelle rapidité, cette infiniment plus puissante technologie va-t-elle causer? Les élites bien placées qui chevauchent allègrement le dos de cette bête, n'ont pas encore vu ses crocs ni senti ses griffes. Mais des millions de citoyens(*) qui n'ont pas la chance de se trouver au même endroit sentent déjà son souffle sur leur nuque".
(*) Américains dans le texte initial

Sortir du nucléaire…

…qu'ils disent! Le récent épisode de la fermeture de la centrale de Fessenheim, renvoyée aux calendes grecques, a mis en évidence l'existence d'un obstacle de taille à cette décision: la CGT. Le nucléaire est en effet un des bastions de ce syndicat depuis l'immédiat après guerre, qui avait vu le Parti Communiste – le premier Parti d'alors par son nombre d'électeurs – prendre le contrôle syndical des secteurs stratégiques, dont celui de l'énergie(*).
Toujours fidèle à son moto "maintien des avantages acquis", la CGT se révèle donc comme une des forces les plus importantes à vaincre si nos chers écolo-gauchistes veulent aller au bout de leur vision de la transition énergétique. (à suivre).
(*)Lénine n'avait il pas dit en substance que le communisme c'était le marxisme plus l'électricité?

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Guignol's Band

Les guignols de l'info sont morts…vive le Guignol's Band!




Méluche & Dany
Grisé par le succès de ses dithyrambes sur les réseaux a-sociaux et de ses auto-vidéos sur YouTube, notre Coluche-triste ne tolère plus d'être tutoyé même par un ancien camarade trotskiste. Ainsi rappelé à l'ordre sur un plateau d'Antenne 2 par l'intéressé, Dany-le-rouge n'a pas mâché sa réplique: "vas te faire foutre!" lui a-t-il envoyé en lui tournant ostensiblement le dos.

Renaissance politique?
Duflot-de-paroles renvoyée dans ses cordes lors de la primaire écolo-gauchiste se console en proclamant avoir été investie pour les prochaines législatives par 75% des adhérents de son Parti. Renseignement pris ce sont 15 voix, sur les 20 présents qui lui ont permis de se croire revenue sur le devant de la scène politique…

Ambition à Clocher les bécasses
Le départ de Manuel-tango du gouvernement pour cause de primaire avait aiguisé les ambitions de certains ministres restés en place. Ainsi Najat-bécassine se voyait bien prendre du galon en déclarant à l'issue d'un dîner probablement trop arrosé: "finir le quinquennat avec une jeune première ministre, ça aurait de la gueule!"

Chiottes publiques
Rachida-dentier, qui ne digère pas l'investiture de NKM sur sa circonscription parisienne, défouraille à tout va sur Fillon-nous-à-lui? et ses amis. Décidée à "pourrir sa campagne" selon ses propres mots, elle a apostrophé le porte parole de ce dernier sur le thème: "je ne vais pas nettoyer tes chiottes comme le faisait ma grand-mère avec les chiottes de la tienne!"


Ségo vista Social-club
Suite aux déclarations de Ségo-la-démago sur Cuba, son camarade Lang-de-vipère s'est demandé si elle n'avait pas "trop bu de rhum cubain ou fumé trop de havanes". Mais ses sorties prennent tout leur sens quand on sait qu'elle convoite un poste d'Administrateur bientôt vacant au PNUD(*) pour lequel un soutien des pays d'Amérique Latine restés proches de Cuba lui serait précieux…
(*) Programme des Nations Unies pour le Développement


Bris de Meaux
Ramassé de la façon que l'on sait à la primaire de la droite et du centre, Copé-le-mets-le-doigt garde une dent féroce contre ceux de sa famille LR qui avaient tenté de le mouiller dans l'affaire Bygmalion. A présent que le Pénélopegate met en difficulté le gagnant de cette primaire, et après avoir proclamé "il faut le déconnecter", on peut compter sur lui pour tenter de briser le fragile rassemblement de la droite autour de Fillon-nous-à-lui?


Propos librement inspirés de " la marre aux canards" d'un hebdomadaire satirique paraissant le mercredi