mercredi 8 février 2017

04-Journaleux

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POUR UNE CRITIQUE RAISONNEE DU JOURNALISME CONTEMPORAIN


Essai en forme de palimpseste

"Les journaleux?
…deuxième traverse de mon gibet"
(Delaunay-Brunnard)


Depuis plusieurs décennies le journalisme professionnel se complait dans une dérive de ses techniques visant à façonner l'opinion publique. Par là, il accentue de plus en plus un  pouvoir des média[1] qui, à la différence des autres pouvoirs s'exerçant en société démocratique, a la particularité de ne pas connaître de contre-pouvoir.
Cette dérive se traduit par la liberté que ce journalisme se permet de prendre, en toute impunité, au regard de la déontologie minimale que sa mission suppose.
Cette impunité avec laquelle un nombre croissant de représentants de cette profession qui n'aurait pas dû se départir de sa mission initiale: informer, avec tout ce que de noblesse peut contenir ce simple mot, cette impunité dis je, est de plus en plus insupportable à tout citoyen doué d'un minimum d'esprit critique.
Ces "représentants" du journalisme ne méritent guère que le nom de journaleux par opposition à celui de journaliste que continue de mériter une frange – de plus en plus mince hélas – de cette profession.
Irrité par le comportement de ces journaleux, qu'ils soient du genre plumitif (presse écrite), baveux (radio) ou exhibitionniste (téloche), j'ai entrepris de leur adresser ce modeste pamphlet en forme de palimpseste. Je ne doute pas que le journaleux à la lecture de ce dernier mot ne se précipite sur son dico pour en trouver le sens, ni que sa culture limitée ne lui permette de déceler le texte initial qui en a inspiré la forme… Le journaliste digne de ce nom, quant à lui, aura tout de suite reconnu, et ce texte, et son auteur.

Bonne lecture jubilatoire donc!

*   *

Parmi les différents défauts que l'on peut reprocher à un journaleux, cinq d'entre eux méritent qu'on s'y attarde:
-        la paresse d'esprit, qui lui fait aller du dévoiement de vocabulaire au plagiat pur et simple
-        l'incompétence, et son corollaire l'arrogance, ou comment empêcher plus compétent que soi de pouvoir s'exprimer
-        la quête du "scoop", magnifiée par sa complaisance dans l'émotionnel
-        la paucité du discours, et la tentation qu'elle sous-tend de s'en remettre au discours ambiant
-        l'a-numérisme, qui fait ramener sur un même horizon flou l'utopie et le réalisme

Voyons dans le détail chacun de ces défauts.

La paresse d'esprit


Plutôt que d'aller chercher le mot juste, le journaleux se raccroche au "buzz word" en vogue. Ainsi il n'y a pas si longtemps, et avant que le buzz "mondialisation" ne le remplace dans la cause de tous les maux de la Terre, ceux ci semblaient trouver leur origine en "Asie du Sud Est". Ce faisant les journaleux en vinrent à classer dans cette région du monde la Chine, le Japon, le Népal[2] pour ne relever que ces exemples…Autres buzz contemporains cette fois sont les "zéro quelque chose", qu'il s'agisse de la tolérance, du défaut ou du risque. Et que dire des "Plan Marshall", des "Grenelle" réclamés ici ou là pour sauver tel secteur en difficulté ou promouvoir telle élusive réforme, ou encore "l'ascenseur social est en panne" – formule bien commode pour expliquer certaines dérives sociétales…

Dans cette chasse au buzz, la mode évolue très vite et un mot en vogue ne tarde pas à être chassé par un autre plus in: ainsi les récents attentats terroristes ont rapidement déclassé le mot "séisme" au profit de la "sidération"[3].

Cette paresse d'esprit se manifeste de la façon la plus risible chaque fois qu'il s'agit de traduire un mot, une locution d'origine étrangère ou d'utiliser cette locution hors contexte.  Quelques exemples pêle-mêle:
-        "tsunami": rappelons que ce mot d'origine nippone ne saurait désigner un raz de marée à l'extérieur de l'Asie extrême orientale; mais sans doute est il trop difficile pour un journaleux de prononcer son équivalent français depuis le début de l'année 2005 qui vit semblable catastrophe dévaster cette région du monde
-        "droits humains": traduction littérale de "human rights" qui devrait pourtant se traduire tout simplement par "droits de l'Homme", locution d'origine française que diable[4]!
-        "déforestation": pourquoi ne pas parler plus simplement de déboisement?
-        "flexibilité": la traduction exacte de "flexibility" est "souplesse": ce mot bien français serait il plus difficile à prononcer que son équivalent anglo-saxon?

Et de la paresse d'esprit au plagiat il n'y a souvent qu'un pas lorsque, se laissant aller à citer un confrère, notre journaleux "oublie" tout simplement de mentionner la source de son inspiration.

Ainsi ce Directeur de la publication d'un quotidien spécialisé dans le recyclage des anciens maoïstes de déclarer, devant un auditoire admiratif que "la paix, c'est comme l'oxygène que l'on respire". Belle formule s'il en fut – mais que ce prince des folliculaires s'est bien gardé d'en créditer son véritable auteur, l'éditorialiste américain Fareed Zakaria qui l'avait énoncée plusieurs années avant lui dans NewsWeek[5]

L'incompétence


Demandez à un spécialiste quelqu'il soit et quelle que soit sa spécialité de commenter l'article, l'interview d'un journaleux sur la spécialité en question: "Que des conneries!" sera sa réponse invariante… Pour moi qui suis de formation scientifique et technique, c'est évidemment sur ce terrain que je surprends régulièrement le journaleux en flagrant délit de connerie. Sans aller chercher des concepts complexes[6], écoutez seulement un journaleux se perdre dans les unités de grandeurs physiques (une force exprimée en CV, une intensité électrique en Watts[7]..) sans qu'à aucun moment il n'exprime le moindre doute sur la "vérité" qu'il est en train d'asséner.
Et quand on a affaire à une grandeur qui est le produit de deux autres (une énergie, une puissance..) ou leur quotient (une pression, une accélération..) on ne trouve plus personne…

Pas étonnant dans ces conditions que, pour débattre des grandes questions scientifiques du moment (le nucléaire[8], la biotechnologie, la génétique…) le journaleux, plutôt que de faire l'effort de rechercher parmi la communauté scientifique les personnalités les plus compétentes, le journaleux dis je, s'en remette à des Associations, ces ONG qui ont une idée bien arrêtée sur ces questions, manquant de rigueur peut être, mais si simple à comprendre[9] et à faire passer au lectorat/auditoire.

Pas étonnant non plus que le journaleux ait pris pour sujet de prédilection les "sciences molles" (psychologie, sociologie, économie..), celles qui permettent de "démontrer" à peu près tout et son contraire. Pas un journal qui n'ait son sociologue de service, pas une émission thématique qui ne fasse intervenir un psy – "ces Thomas Diafoirus de notre siècle[10]"! Quant aux économistes, il est bien établi à présent que l'Economie est une "science" qui permet par comparaison avec la météo, d'estimer que cette dernière est un modèle de science exacte…

Et pour masquer son incompétence, le journaleux recours à son arme de prédilection: l'arrogance. "Le devoir du journaliste est d'appuyer là où ça fait mal": quoi de plus arrogant que cette profession de fois d'un journaleux qui postule avant même le début de l'interview qu'il en sait assez sur le sujet pour piéger son interlocuteur? Au reste et afin de déstabiliser son vis-à-vis, il n'hésitera pas à lui couper la parole, à l'interrompre avant qu'il n'ait fini d'exposer la totalité de son argument, en un mot occuper le terrain, contribuant à rendre ainsi ce que sont devenus la plupart des interviews: inaudibles.

La quête du "scoop"


Le journaleux cherche toujours et partout le scoop quelqu'en soit le prix en termes de distorsion de la vérité et en termes de complaisance dans l'émotionnel[11].

Car la meilleure recette du scoop, celle qui marche immédiatement en termes d'audience, consiste à jouer sur l'émotion du lecteur/auditeur/téléspectateur. Le journaleux va donc systématiquement privilégier les nouvelles porteuses d'émotion, ou à l'intérieur d'une même nouvelle, le contenu potentiellement émotionnel de cette dernière. En face d'une catastrophe, par exemple, le journaleux se départira d'abord du contenu rationnel – les causes, l'impact économique, la probabilité de récurrence… – pour rechercher ce qui pourrait maximiser l'émotionnel.
"Les média flattent la terreur et la pitié" (Michel Serres citant Aristote) et les récentes surprises électorales – Brexit, Trump… – sont là pour rappeler que cette valorisation de l'émotionnel se fait au détriment du factuel.

Le fin du fin, c'est de trouver quelqu'un qui souffre pour lui faire rapporter cette souffrance (presse écrite), le faire parler "authentique" (radio), voire le montrer dans toute sa détresse (téloche).
"La presse est basse" (Charles De Gaulle, commentant la couverture indécente par les journaleux du décès de sa fille handicapée)

Mais la nature humaine est ainsi faite que les émotions s'émoussent vite. Donc la logique du journaleux sera de sauter de cata en cata afin de pouvoir surfer sur une vague émotionnelle ininterrompue; et c'est un truisme de dire que, dans ces conditions, un événement est condamné à disparaître de "la une" très rapidement, et ce quel que pût être son intérêt informationnel. Dans sa recherche du scoop, le journaleux s'auto condamne donc à l'émotionnel et par là, à l'instantané.

La paucité du discours


Ultime conséquence de cette recherche du scoop, le journaleux dans sa recherche de l'info pouvant justifier la une, est tenté de créer de toute pièce de l'information. Dans sa solide stupidité il ignore que le contenu informationnel d'un message ne peut que décroître avec son traitement selon un théorème fondamental de la Théorie de l'Information[12]. Mais on ne peut demander à un journaleux d'avoir étudié, ne serait ce qu'un minimum, cette théorie pourtant fondamentale pour son métier. En présence par exemple d'une dépêche de l'AFP, et en absence de toute information exogène à cette dépêche, le malheureux va se mettre à la triturer dans tous les sens pour essayer d'en accroître le contenu – de préférence émotionnel comme vu ci-dessus.

Bien sûr, un minimum de bon sens conduit tout un chacun à reconnaître la vanité de l'exercice[13]. La tentation est grande alors pour le journaleux de rajouter cette information exogène qui lui permettra d'atteindre son but; tous les procédés sont bons pour cela:
-        prêter l'oreille à la rumeur, se faisant par là l'instrument privilégié de dissémination de tout ce que le Net et les réseaux a-sociaux propagent de désinformation – on en voit tous les jours les effets lors de jugements rendus sur des affaires de pédophilie, de harcèlement sexuel…
-        fusionner l'information initiale avec une autre information "similaire": c'est l'amalgame qui permet de faire d'une bagnole incendiée l'ébauche d'une émeute, l'attaque isolée d'un Noir dans le métro la preuve d'une montée du racisme, voire de celle de l'insécurité dans les transports collectifs[14]
-        appeler à la rescousse le psy ou le socio de service qui ne manquera pas "d'expliquer" l'événement initial en rajoutant son commentaire pseudo scientifique
Et je ne parle pas ici du mensonge pur et simple encore que les condamnations fréquentes de journaleux pour diffamation soient là pour rappeler que ce procédé n'est pas si rare…

La recherche d'un contenu exogène à ce que peuvent délivrer les agences dont c'est le métier (AFP, Reuter…) conduit le journaleux de l'espèce "baveux" à ouvrir un standard au travers duquel il espère enrôler l'opinion publique dans la discussion du sujet du moment. Mais cette opinion publique qui croit savoir[15], véritable hyène engendrée par des chacals, n'est elle pas elle-même le résultat du faible discours du journaleux? Ouvrir le standard n'a donc pour résultat qu'un feedback amplifiant le message jusqu'à sa distorsion dans un effet Larsen informationnel.
Pierre Bouteiller dénonçait fort justement "ceux qui croient que l'on crée une émission en ouvrant un standard"…

L'a-numérisme


"On peut faire dire aux chiffres ce que l'on veut". Déclaration privilégiée du journaleux incapable d'appréhender la quantification des informations accessibles à la mesure. Pourtant, et bien souvent, la différence entre un raisonnement utopique et une proposition réaliste réside dans la quantification que l'on peut faire de leurs conséquences. Ainsi du journaleux qui propose[16] tout de go de remplacer les centrales nucléaires par autant d'éoliennes en ne réalisant pas qu'il faudrait de l'ordre d'un millier d'éoliennes pour remplacer un réacteur.

Ainsi c'est bien souvent dans la manipulation des ordres de grandeur que le journaleux fait preuve de son inconséquence: cela n'a pas choqué le journaleux de service d'annoncer, peu de temps après l'arrivée des socialos en 2012, que la dette nationale venait d'atteindre 2 milliards d'euros alors que le chiffre exact était mille fois plus important. Du même genre, cette assertion d'un journal très parisien annonçant que "la puissance nucléaire installée de la France sera maintenue à 63,8 mégaWatts", en lieu et place des 63,8 gigaWatts réels…

Cet a-numérisme atteint son apogée lorsque un nombre est censé découler d'une simple règle de 3 qui est comme chacun sait l'antichambre intellectuelle du calcul des proportions. Ainsi d'un journaleux opérant sur France Culture qui n'a pas hésité à affirmer, alors que la Russie se dépêtrait dans la crise ouverte en Ukraine, que "le Rouble avait perdu 100% de sa valeur". Question: quel est le contenu résiduel d'un sac de billes qui a perdu 100% de son contenu?

Parfois c'est un problème à peine plus compliqué dans lequel le journaleux se prend les pieds. Ainsi de l'annonce "d'un champ dont la surface cultivée passe de la moitié aux deux-tiers, c'est à dire un gain de un tiers"[17]!

Dans son film Le déclin de l'empire américain, Denys Arcand fait dire à un professeur d'histoire: "il y a trois choses importantes en histoire: premièrement le nombre, deuxièmement le nombre et troisièmement le nombre…"Ce qui serait valable pour l'histoire, ne serait il pas valable pour toute autre discipline traitant de l'information?
 
*   *

Ouvrons une parenthèse.


Quel impact en termes politiques d'une telle dérive journalistique?
La récente émission télévisée sur FR3 "un temps de Président", résultat de plusieurs mois de tournage "dans les coulisses de l'Elysée", permet de toucher du doigt cet impact, qui est énorme.

Malaise au sortir de l'émission: l'essentiel de l'action de l'Exécutif est un combat permanent avec les média:
-        témoin le temps passé entre les représentants de cet exécutif – Président, ministres, conseillers – à préparer et se préparer – quels éléments de langage? quelle attitude  à adopter? quelles questions accepter/refuser? – jusqu'à l'omniprésence de la maquilleuse durant l'enregistrement de la prochaine intervention ou le nombre stupéfiant de clichés du Président (pris par un journaleux) en vue de choisir la meilleure "image" à diffuser…
-        dans le camp d'en face, le rassemblement des média aux moindres apparitions de cet Exécutif, sous la forme d'une meute que précède la profusion de perches à micro/caméra comme autant de hallebardes prêtes à soutenir une charge militaire[18]
Et face à tout ce fatras, les rares instants durant lesquels l'Exécutif parle de politique et dont les dialogues ne peuvent manquer d'évoquer le Café du Commerce

D'où les questions:
-        Afin d'affronter les média, l'apparence n'a-t-elle pas pris la place de la substance au sein de l'Exécutif?
-        Le temps long du politique n'a t'il pas cédé la place au temps court du scoop évoqué plus haut?
-        Le 4ème pouvoir en a-t-il trop pris (de pouvoir) pour arriver à dicter à cet Exécutif l'attitude à prendre?
-        Plus grave encore, les contre vérités, les approximations valorisées au plan émotionnel au détriment des faits objectifs n'a-t-elle pas favorisé l'émergence de cette "post-vérité" sur laquelle un Donald-trompe a pu s'appuyer pour accéder à la Présidence des USA?[19]
"Ce sont les média qui font à présent les politiciens"(Michel Rocard)

Et que dire de la quasi religion des sondages d'opinion: on peut comprendre que les média qui en font leur miel aient un intérêt à multiplier cet exercice qui se révèle piètre prescripteur du futur, mais n'ont-ils pas refilé cette fièvre à la classe politique qui en fait à présent une consommation autant dispendieuse[20] qu'inutile?
"Si Lénine revenait, il n'écrirait pas Que faire? il ferait un sondage d'opinion"[21]

Dans le film "The queen", Stephen Frears nous montre comment les journaleux britanniques – les fameux tabloïds coprophages – en exploitant l'émotion causée par la mort accidentelle de Diana ont contraint la Reine Elizabeth à s'humilier publiquement devant un peuple à reconquérir au plan affectif. Par là, ces journaleux ont failli mettre en péril la monarchie d'outre manche, une institution qui avait survécu victorieusement au "blitz".

*   *

Enchaînons.


S'il est un domaine où le journaleux se révèle particulièrement dangereux c'est bien dans le traitement médiatique du terrorisme. Il est à présent admis que le traitement[22] du terrorisme doive passer par celui de sa propagande. Hors, cette guerre de propagande déclarée par le terroriste[23], le journaleux fait tout pour nous la faire perdre, et dans ce tout on retrouve les défauts énoncés plus haut:

Le dévoiement du vocabulaire, exemples:
-        "kamikaze": c'est faire trop d'honneur à ces dérangés suicidaires que de les ranger sous le même qualificatif que ceux des japonais qui se sacrifiaient pour la défense de leur pays
-        "djihadiste": faire référence à un terme qui ne devrait être utilisé que par des exégètes du Coran, détourne le lecteur/auditeur de ce que sont en réalité ces terroristes: de simples islamo-fascistes.

La dérive émotionnelle du message que renvoie le journaleux en recherche du scoop: un attentat terroriste est évidemment formaté pour exploiter cette dérive.

L'incompétence à juger de l'importance relative sur le long terme[24] d'attentats qui font, objectivement, bien plus de victimes dans le monde arabo-musulman que dans le nôtre.

La répétition ad nauseam des noms, des photos, des vidéos de ces islamo-fascistes: il est indécent que les frères Machin soient à présent plus "célèbres" que leurs victimes. Ces répétitions ne peuvent conduire qu'à valoriser, auprès d'esprits faibles tentés de suivre leur chemin, de soi disant "martyrs" qui ont ainsi trouvé moyen de passer à la postérité.

"Toute publicité est bonne à prendre" proclamait Roy Cohn, cet avocat US coach et mentor de Donald-trompe durant la jeunesse de ce dernier[25]. Ce qui s'est révélé exact pour un populiste pourrait bien le devenir pour les islamo-fascistes.

Pour contrer la croissance – exponentielle du fait de cette publicité – des enrôlés de l'islamo-fascisme, il faudra bien que le journaleux vienne à collaborer avec les services de sécurité en agissant exactement à l'inverse de ce qu'il fait aujourd'hui:
-        regrouper sous un même terme générique – islamo-fascistes n'étant qu'un exemple – tous les suiveurs de cette entreprise mortifère
-        en particulier ne désigner les multiples groupuscules qui s'en réclament, et qui naissent comme champignons, que sous un vocable global du type groupuscule islamo-fasciste et laisser aux services de sécurité compétents le soin de décrypter les différences plus ou moins subtiles pouvant exister entre ces groupes
-        ne désigner les responsables d'attentats, suicides ou non, que sous la forme par exemple d'un N° matricule parfaitement anonyme, et à fortiori ne diffuser aucun message, aucune photo de ces individus

Dans l'Egypte ancienne, un pharaon qui prenait le pouvoir prenait soin de marteler le cartouche nominal de son prédécesseur sur tous les édifices exposés à la vue du public: en supprimant ce nom de la mémoire collective, il s'assurait qu'une contestation de son nouveau pouvoir ne pourrait se faire jour.
Faisons de même avec les islamo-fascistes: ils seront d'autant moins dangereux que l'on trouvera la force et les moyens de les faire oublier.

Et en guise de conclusion provisoire:


"Que ce que nous disons ici ait été dit maintes fois, peu importe que cela plaide contre nous, si cela plaide en faveur de ce que nous disons"[26].

On ne combattra les défauts décrits plus haut qu'en réformant en profondeur les écoles de journalisme, ces écoles qui tendent à former des individus coulés dans le même moule de la facilité et du politiquement correct[27]. Il s'agit de dénoncer "l'abandon par ces écoles de l'objectif d'objectivité au profit d'un journalisme d'attachement"[28] – lequel fait passer l'émotionnel avant la vérité des faits susceptibles de l'engendrer. Dénoncer dans le même temps ce journalisme qui, du fait de son incompétence sur bien des sujets, favorise la croyance en des "faits alternatifs" colportés par les réseaux numériques et accrédités par des ONG à la compétence tout aussi douteuse.

Le Politique devrait s'emparer de cette juste cause – à condition de ne pas céder à la faiblesse de simplement vouloir exister aux yeux des média – et pour ce faire, devrait enrôler les acteurs de la connaissance que sont les Scientifiques, les mieux à même de les aider car rompus à la confrontation permanente des idées à la réalité objective tirée de l'expérimentation. En d'autres termes, et comme l'a résumé le sociologue Gérald Bronner, il s'agit de "faire reculer en nous le savant d'illusion"[29].

Au risque de voir les journaleux "nous faire remonter l'échelle de Darwin",[30] opposons à tous ces tenants de la croyance un véritable contre pouvoir: celui du savoir.

Et tout le reste n'est que littérature.



[1] Dejà pluriel de medium, ce mot ne saurait prendre un S au risque de pléonasme grammatical…
[2] le seul critère à retenir ne devrait être que l'appartenance à l'ASEAN, dénomination officielle des pays de cette zone; mais le journaleux sait il seulement ce qu'est l'ASEAN?
[3] Cité sur France Culture, dans l'émission Esprit Publique du 27 novembre 2016
[4] Cf le Snippet que j'ai consacré à ce sujet dans mon édition de mars 2016
[5] Le plagiat de cet hebdomadaire US semble relever d'une prédilection puisque j'ai pu prendre un ancien spécialiste de géopolitique sur France Inter en train de lire au mot près un article entier de ce journal, sans qu'il n'éprouve le besoin de citer la source d'une chronique qu'il se contentait ainsi de traduire en français
[6] A propos de séisme, on entend régulièrement "le séisme, d'une magnitude de X sur l'échelle de Richter qui en compte Y…" alors que cette échelle, ouverte, ne compte évidemment pas de niveau maximum
[7] Dans son roman les "Mauvais coups", Roger Vaillant évoque "une méchante ampoule de 40 ampères". Sous la tension habituelle de 220 V, la "méchante ampoule" serait en fait équivalente à un projecteur de cinéma…même si ce romancier est plus qu'un simple journaleux, il m'a semblé pertinent de rapporter ici cette remarque pour futile qu'elle puisse paraître.
[8] Le journaleux officiant tôt le matin chez France Inter n'a pas hésité à déclarer qu'il s'agissait d'une énergie fossile (cf. Le Robert: "énergies fossiles: matériaux combustibles formés [..] par transformation de végétaux")
[9] "Ça c'est bien" ou "ça c'est pas bien" c'est à peu près à quoi se résume bien souvent l'idée de ces Associations "militantes" et bien sûr "citoyennes" sur telle ou telle de ces questions
[10] Déclaration d'un des avocats de la défense au procès d'Outreau, durant lequel les psy se sont montrés parfaitement ridicules
[11] ici on serait tenté d'écrire "Inutile de développer"
[12] Claude E.Shannon, A Mathematical Theory of Communication, 1948
[13] Chacun garde en mémoire ce sketch de Coluche où "On s'autorise à penser dans les milieux autorisés…"; parfaite illustration des contorsions du journaleux essayant de faire rendre à un message un contenu informationnel alors que ce contenu est quasi nul au départ ("Les chefs de gouvernement se sont refusés à toute déclaration…")
[14] Ainsi de cette annonce il y a quelques temps par le journaleux de service d'une "prise d'assaut de la base OTAN de Kandahar" – le factuel: 4 "kamikaze" auto-sautés et 1 soldat tué…
[15] Cf Gerald Bronner, La Démocratie des Crédules, ed.PUF, 2013
[16] Ou ce qui revient au même, se fait le porte parole de l'Association "compétente" qui préconise cette "solution"
[17] Ami lecteur, tu n'as pas oublié que la comparaison de 2 fractions exige leur conversion au même dénominateur, ce qui te permettra de trouver la solution: 1/6
[18] Ou plus récemment cette autre meute coursant les parlementaires LR avec cette unique question: "vous avez un plan B?"…
[19] Cf les chroniques de Brice Couturier sur France Culture, semaine du 9 au 13 janvier derniers
[20] Cf le scandale de l'affaire Bygmalion
[21] Philippe Meyer, Démolition avant travaux, 2002
[22] Au sens militaire du terme: traiter un objectif, c'est le détruire
[23] Qu'il soit Corse, Basque ou Islamiste: la logique de la terreur est trans-idéologique 
[24] Cf mon édition de mars 2016 sur le sujet
[25] Cf l'émission L'ascension de Donald Trump sur FR5 du 10 janvier
[26] Alors, journaleux, tu as deviné l'ouvrage sur lequel a été récrit ce palimpseste?
[27] Et le biais gauchisant induit par ce moule: le terme "extrême-gauche" est il devenu tellement indicible que le journaleux n'utilise plus à sa place que celui de "gauche de la gauche"?
[28] Chroniques de Brice Couturier déjà citées
[29] La démocratie des crédules, opus déjà cité
[30] Philippe Meyer, chronique du 18 mars 2013 sur France Culture

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Droit du sol versus Droit de la mère

Le droit du sol est il encore pertinent? Dans un monde où une parturiente peut, entre deux avions – quand ce n'est pas dans l'avion – accoucher dans un pays avant de repartir dans un autre, quelle peut être la légitimité d'une citoyenneté attribuée sur le seul critère du lieu de naissance? Cette question peut être posée de façon plus générale, la mobilité des personnes étant une des composantes de l'inexorable mondialisation.
L'alternative, opposée par ses détracteurs, ne pourrait être que le "Droit du sang" dont l'appellation est suffisamment malsaine pour en assurer le rejet par l'opinion commune. 
Cependant, et la maternité étant la seule certitude qui soit en matière de transmission héréditaire(*) ne pourrait on pas définir un "Droit de la mère", le nouveau né recevant automatiquement la citoyenneté de sa mère biologique?
(*) comme chacun le sait, la paternité n'est "qu'un acte de foi"…

Téloche & vaccination

Il est ironique de constater que ces deux découvertes/inventions majeures faites par l'Occident sont la base de la menace existentielle pesant sur ce dernier.
Car enfin, sans la vaccination et la spectaculaire chute, en particulier de la mortalité infantile qu'elle a permise, pas d'expansion démographique incontrôlée et partant, pas de pression sur les ressources de la planète, pas d'exode massif des populations du tiers monde fuyant la pénurie de ces ressources – ou la guerre menée par ceux qui veulent se les approprier – et en final, pas de crise des réfugiés…
Pour la téloche, il n'est pas un seul slum dans ces pays qui ne la reçoive, car considérée comme un bien de première nécessité – bien avant le frigo. Et c'est par cette téloche que ces populations voient notre façon de vivre, cette "occidental way of life" qui leur apparaît alors comme le rêve à réaliser, l'objectif d'un exode à accomplir.

Pénélopegate

D'abord et avant que l'on ne m'accuse un peu vite de "hurler avec les loups", je rapporte ce que j'avais écrit le 3 décembre, peu de temps après le succès de Fillon à la primaire "de la droite et du centre":

Au lieu de porter ses voix sur le consensuel Juppé qui était à peu près sûr de l'emporter sur n'importe quel adversaire du second tour de Présidentielle, la droite la plus bête du monde (dixit Mendès France) a préféré tout miser sur un "pur et dur" qui va rassembler des opposants de tous les bords depuis le FN jusqu'aux gauchos de tous poils. Ce faisant, il (Fillon) risque de passer bientôt pour "le candidat des riches" versus "le candidat des pauvres". Et c'est sur des slogans de ce genre que Normal1er s'était fait élire il y a 5 ans…

On voit à présent que Fillon n'aura pas eu besoin de débattre avec ses adversaires à la Présidentielle pour devenir "le candidat des riches à privilèges" aux yeux de l'électorat…
Voilà également ce qu'il en coûte de n'avoir pas poursuivi clairement l'objectif premier de la primaire en question: désigner le candidat le mieux à même de mettre le Parti Sectaire à la porte.

Droits de l'Homme à points

La Chine procède, à titre expérimental dans la ville de Suining (province du Sichuan), à la mise en place d'un système de notation de sa population via la récupération de toute info pertinente: décisions de justice, infractions aux codes en vigueur, sanctions des incivilités, voire activités sur Internet contrevenant à la déontologie numérique du Parti. Le score individuel ainsi établi – en nombre de points perdus – conduira à priver l'individu concerné de droits et de services de façon proportionnée à cette perte. A l'inverse, le bon citoyen capable de conserver tous ses points durant une suffisamment longue période se verra proposer des gratifications en nature – priorité dans certaines files d'attente, préférences d'accès aux meilleures écoles…une grande première pour récompenser les citoyens respectueux de la Loi.
Par référence à notre "permis de conduire à points", la Chine n'est elle pas en train d'inventer les "droits de l'homme à points", chacun étant crédité à sa naissance d'un même quota, parfaitement équitable car indépendant de la situation sociale de ses parents? (à suivre).

Révolution numérique, un résumé

Comment résumer en quelques phrases la révolution numérique en cours et ses effets immédiats? Un article paru dans un récent TIME me paraît relever ce défi:
"Que peut signifier mettre un ordinateur à portée de main de chaque humain et de relier instantanément ce dernier avec tout ses semblables? Quand la révolution typographique de Gutenberg a rendu possible un large partage d'idées à travers le temps et l'espace, les effets politiques et sociétaux qui ont suivi inclurent la Réforme, les Lumières, la naissance de la Démocratie et les Révolutions industrielle et scientifique. En d'autres termes, tout depuis les habitudes quotidiennes jusqu'à l'ordre international fut détruit et reconstruit. Quels changements, et avec quelle rapidité, cette infiniment plus puissante technologie va-t-elle causer? Les élites bien placées qui chevauchent allègrement le dos de cette bête, n'ont pas encore vu ses crocs ni senti ses griffes. Mais des millions de citoyens(*) qui n'ont pas la chance de se trouver au même endroit sentent déjà son souffle sur leur nuque".
(*) Américains dans le texte initial

Sortir du nucléaire…

…qu'ils disent! Le récent épisode de la fermeture de la centrale de Fessenheim, renvoyée aux calendes grecques, a mis en évidence l'existence d'un obstacle de taille à cette décision: la CGT. Le nucléaire est en effet un des bastions de ce syndicat depuis l'immédiat après guerre, qui avait vu le Parti Communiste – le premier Parti d'alors par son nombre d'électeurs – prendre le contrôle syndical des secteurs stratégiques, dont celui de l'énergie(*).
Toujours fidèle à son moto "maintien des avantages acquis", la CGT se révèle donc comme une des forces les plus importantes à vaincre si nos chers écolo-gauchistes veulent aller au bout de leur vision de la transition énergétique. (à suivre).
(*)Lénine n'avait il pas dit en substance que le communisme c'était le marxisme plus l'électricité?

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Guignol's Band

Les guignols de l'info sont morts…vive le Guignol's Band!




Méluche & Dany
Grisé par le succès de ses dithyrambes sur les réseaux a-sociaux et de ses auto-vidéos sur YouTube, notre Coluche-triste ne tolère plus d'être tutoyé même par un ancien camarade trotskiste. Ainsi rappelé à l'ordre sur un plateau d'Antenne 2 par l'intéressé, Dany-le-rouge n'a pas mâché sa réplique: "vas te faire foutre!" lui a-t-il envoyé en lui tournant ostensiblement le dos.

Renaissance politique?
Duflot-de-paroles renvoyée dans ses cordes lors de la primaire écolo-gauchiste se console en proclamant avoir été investie pour les prochaines législatives par 75% des adhérents de son Parti. Renseignement pris ce sont 15 voix, sur les 20 présents qui lui ont permis de se croire revenue sur le devant de la scène politique…

Ambition à Clocher les bécasses
Le départ de Manuel-tango du gouvernement pour cause de primaire avait aiguisé les ambitions de certains ministres restés en place. Ainsi Najat-bécassine se voyait bien prendre du galon en déclarant à l'issue d'un dîner probablement trop arrosé: "finir le quinquennat avec une jeune première ministre, ça aurait de la gueule!"

Chiottes publiques
Rachida-dentier, qui ne digère pas l'investiture de NKM sur sa circonscription parisienne, défouraille à tout va sur Fillon-nous-à-lui? et ses amis. Décidée à "pourrir sa campagne" selon ses propres mots, elle a apostrophé le porte parole de ce dernier sur le thème: "je ne vais pas nettoyer tes chiottes comme le faisait ma grand-mère avec les chiottes de la tienne!"


Ségo vista Social-club
Suite aux déclarations de Ségo-la-démago sur Cuba, son camarade Lang-de-vipère s'est demandé si elle n'avait pas "trop bu de rhum cubain ou fumé trop de havanes". Mais ses sorties prennent tout leur sens quand on sait qu'elle convoite un poste d'Administrateur bientôt vacant au PNUD(*) pour lequel un soutien des pays d'Amérique Latine restés proches de Cuba lui serait précieux…
(*) Programme des Nations Unies pour le Développement


Bris de Meaux
Ramassé de la façon que l'on sait à la primaire de la droite et du centre, Copé-le-mets-le-doigt garde une dent féroce contre ceux de sa famille LR qui avaient tenté de le mouiller dans l'affaire Bygmalion. A présent que le Pénélopegate met en difficulté le gagnant de cette primaire, et après avoir proclamé "il faut le déconnecter", on peut compter sur lui pour tenter de briser le fragile rassemblement de la droite autour de Fillon-nous-à-lui?


Propos librement inspirés de " la marre aux canards" d'un hebdomadaire satirique paraissant le mercredi






jeudi 27 octobre 2016

03-La vérité


Ne manquez pas non plus au bas de ce numéro:

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- Guignol'S Band


La vérité sur La vérité


La parution récente du second roman de Joël Dicker[1] m'incite à revenir sur l'analyse que j'avais faite en son temps sur son premier roman "La vérité sur l'affaire Harry Quebert", analyse dans laquelle je détaillais les ingrédients d'une imposture littéraire. Voici cette analyse, réservée jusqu'à présent à quelques privilégiés de ma connaissance.

Le Roman

On connaît l'intrigue. Harry Quebert, écrivain en mal d'inspiration fait éditer sous son nom "Les origines du mal" à partir d'un manuscrit que lui a laissé Luther Caleb avant que ce dernier ne soit assassiné. Ce manuscrit est, en partie, une compilation du courrier échangé entre la jeune Nola et Luther, lequel s'est fait passer pour Harry Quebert dans cet échange épistolaire…Mais Harry avait terminé un autre roman "Les mouettes d'Aurora" qu'il jugeait infiniment moins bon que celui de Luther Caleb. L'auteur va jouer de tous les quiproquos possibles entre ces deux œuvres pour enfumer le lecteur au cours d'un "polard" au déroulement particulièrement complexe.

Tout y repose, en effet, sur le dédoublement: dédoublement de la personnalité de Nola – qui n'est pas sans évoquer la schizophrénie dépeinte dans le Psychose de Hitchcock, dédoublement du roman dont on cherche lequel des deux, Harry Quebert a bien pu écrire, dédoublement de la voiture du crime – une Chevrolet Monte Carlo – entre celle appartenant à Elijah Stern et celle de Harry Quebert, pour ne pas dire triplement avec celle vue sur la photo de Robert Quinn…

On l'a compris: ces multiples occasions de méprises, associées à de nombreux flashbacks forment autant de voies sans issues pour balader le lecteur durant quelques 660 pages…

Encore faut-il que cette balade soit sans défaut. Globalement elle l'est, ce qui a pu convaincre un jury un peu pressé à attribuer un prix à ce roman; mais le diable est dans les détails, et une relecture attentive permet de relever des contradictions entre les différentes narrations de cette journée fatale du 30 aout 1975 – et même tenant compte que certaines narrations sont destinées à embrouiller les pistes remontées par le flic Gahalowood et l'autre "auteur" du bouquin, Marcus Goldman – des incohérences temporelles compte tenu de la topographie des lieux mentionnés, et peut être plus important, des invraisemblances et des questions sans réponse.

Le contexte géographique

Mais commençons par replacer cette histoire dans son contexte géographique. L'auteur nous précise que Aurora, New Hampshire, est à "environ une heure de route du Massachussetts" (p.28): elle pourrait donc se situer à la hauteur de Rye[2], voire plus au nord compte tenu de la faible distance entre Maine et Massachussetts sur cette côte parallèle aux routes N°1 et 95. C'est d'ailleurs seulement au nord de Rye que la zone côtière peut correspondre à ce qui en est dit dans le livre: rivage faiblement peuplé – et donc peu de témoins pour les multiples scènes se déroulant sur les plages – présence de forêts pouvant évoquer la forêt de Side Creek du bouquin[3].

Ces quelques considérations interdisent d'identifier plus avant "les lieux du crime" de cette fiction avec des lieux réels. On se contentera donc du sketch qui suit, reconstitué à partir des informations glanées au long du livre et tel que Gahalowood a pu le dessiner (p.404-405):




Du sud au nord et à partir d'Aurora située sur la N1 ou à proximité de cette route, on trouve:
-        Grand Beach, "la première plage d'Aurora en venant du Massachussetts" (p.130) et ses rochers qu'il faut traverser pour rejoindre la ville à partir de la plage (p.66)
-        Goose Cove qui est un "bras de mer" situé "à quelques miles[4], sur la route 1 en direction du Vermont" (p.28), pour ne pas dire du Maine qui est l’état le plus proche
-        La maison de Harry Quebert [HQ] "d'où un escalier mène à la plage"(p.28)
-        La forêt de Side Creek qui "commence 2 miles après Goose Cove" (p.69) et "à l'orée de la forêt" se trouve la maison de Deborah Cooper [DC]"faisant face à l'océan" (p.114)
-        On y accède en suivant Side Creek Lane [----] qui croise la N1 (p.114)
-        4 miles plus loin sur N1 se trouve le Sea Side Motel [SSM] (p.119) relié à la plage par un sentier [-----] traversant la forêt (p.121)
-        En venant de Goose Cove, passer par la plage […....] est un raccourci pour atteindre le Motel (p.362) ce qui justifie la courbure concave de la côte adoptée pour le sketch
-        En partant de la maison de Deborah Cooper, le lieu de l'assassinat de Luther Caleb [LC] est à "un bon quart d'heure de marche" (p.115) ou encore "un bon mile" sur le sentier qui borde l'océan (p.375)

La journée du double assassinat

Revenons à présent sur la journée du 30 aout et les 4 narrations qui en sont faites:
-        la version Travis (p.68-70): forcément la moins crédible puisque faite par le criminel…
-        la retranscription du rapport de police d'Aurora (p.371 et suivantes): mêmes réserves à faire avec toutefois un élément objectif : la retranscription des échanges téléphoniques avec la centrale de police
-        la version de Gahalowood (p.404-405): elle se doit d'être cohérente avec la topographie du sketch, mais aussi ne doit pas remettre en cause les 2 précédentes au risque d'éveiller chez lui des soupçons!
-        la version objective (de l'auteur au lecteur p.642-655): à la lumière de laquelle relire les 3 autres afin de discerner les incohérences…

Deux incohérences sont à relever de la retranscription des échanges avec la centrale. La première vise l’heure à laquelle Deborah Cooper appelle pour la seconde fois cette centrale ; "le rapport de police indique…19H33" (p.375). Mais à 19H45 "[Pratt et Travis] arrivèrent à la maison" et "après une rapide fouille…Pratt se précipita à sa voiture pour prévenir la centrale" (p.376) pour s'entendre dire que Deborah a rappelé "il y a 7 minutes" (p.377): ce 2ème appel ne peut donc avoir eu lieu avant 19H38: cette différence de plus de 5 minutes dans la retranscription aurait du intriguer les lecteurs du rapport de police.

Mieux (ou pire), il s'est donc écoulé 7 minutes entre le 2ème appel de Deborah Cooper (alors que Nola vient d'arriver chez elle) et l'appel de Pratt à la centrale. Durant ces 7 minutes:
-        les policiers ont commis le double meurtre de Deborah et Nola (p.651-652)
-        ils ont traîné, à travers la forêt, les corps de Nola et Luther Caleb[5] jusqu'à la Monte Carlo (p.653) restée près de l'intersection de Side Creek Lane avec la N1 (p.116)
-        Pratt est ensuite revenu à sa voiture pour passer son appel (p.653)

Tout ceci en 7 minutes? C'est peu crédible.

Toujours pour cette journée du 30 aout, des invraisemblances sont à relever:
-        la clé de contact laissée sur la Monte Carlo (p.652): bien commode pour la suite mais est ce vraisemblable?
-        "[Pratt] remarqua le garage vide" (p.653): et ouvert? Ce qui est sous entendu et encore une fois bien commode…
-        "[Travis] verrouille la porte [du garage]" (p.654): …et la clé était donc restée dessus pour que la suite soit possible…
-        Goose Cove ne fait pas partie du périmètre de fouilles (p.654): est ce vraisemblable alors que l'on peut en rejoindre assez vite à pied la maison de Deborah Cooper?
-        en particulier, "Travis reprend la Monte Carlo [avec Luther Caleb dans le coffre] pénètre dans le Massachussetts [donc au sud de Goose Cove] …et doit franchir 2 barrages de police" (p.654): le périmètre "interdit" s'étend donc du nord (Montburry) jusque bien au sud de Goose Cove en épargnant ce dernier lieu?

Les autres invraisemblances

Ces invraisemblances ne sont pas cantonnées à la seule journée du 30 aout :
-        le 31 aout au matin Harry Quebert rentre à Goose Cove : il ne remarque pas qu'on est venu dans la nuit, ne voit pas la terre retournée à l'extrémité du jardin (soit[6]) mais également ne remarque pas que l'on a utilisé son garage…
-        de début juillet au 27 aout (p.362), Nola a réalisé le tapuscrit[7] du "vrai" roman de Harry Quebert, de l'aveu même de Harry (p.74&305) confirmé par Marcus Goldman (p.636): elle avait donc une connaissance intime de l'écriture de ce dernier; comment n'a t'elle pas reconnu une écriture différente dans les lettres que lui envoyait Luther durant la même période?

Enfin, on peut se poser des questions qui resteront sans réponse:
-        la première enquête sur la mort de Deborah Cooper a été pour le moins bâclée: il n'y a pas eu d'autopsie[8]? Pourtant une telle autopsie aurait permis de retrouver "une balle en plein cœur" (p.404), une balle de Colt, arme de service de la police…
-        sans aller jusqu'à comparer les ADN des nombreuses traces de sang relevées sur les lieux, ce qui eut été peu vraisemblable en 1975, il était techniquement possible alors de remarquer qu'elles relevaient de deux groupes sanguins différents et donc qu'il y avait eu double agression, en plus du crime de Deborah Cooper, et donc que la recherche d'une personne disparue[9] ne devait pas se cantonner à celle de Nola…

En conclusion

Tout ceci ajouté à une écriture d'ensemble du roman assez médiocre[10] et qui n'est pas sauvée par des "trucs" de style – la numérotation inversée des chapitres, la voix off précédant chacun de ceux-ci – et à laquelle les références salaces aux pratiques sexuelles de Bill Clinton et de Nola n'ajoutent aucune plus value…

Rien décidemment ne justifiait que ce roman recueille tant de louanges de la part de la Critique.

Et tout le reste n’est que littérature.

Notes et références




[1] Le livre des Baltimore, De Fallois ed.
[3] Sans pour autant s'étendre "jusqu'au Vermont" comme il  l'est dit (p.70)
[4] De l'ordre de 4 miles, ce qui permet à Marcus Goldman de "faire ses 8 miles" de course, vers Aurora et retour (p.118)
[5] Qui est resté rappelons le à "un bon quart d'heure de marche" de la maison (p.115)
[6] "Harry Quebert n'était pas dans on état normal" (p.401), "la propriété est immense" (p.403) "le trou [était] recouvert d'aiguilles de pin, de mousse et branchages" (p.491)
[7] Je choisis ce terme pour ne pas cautionner l'ambigüité du terme manuscrit utilisé indifféremment par l'auteur pour désigner un original écrit à la main ou le même tapé à la machine…
[8] Dont l'initiative n'aurait pu venir que de "plus haut" que la police d'Aurora compromise dans cette affaire
[9] Luther Caleb a disparu de chez Elijah Stern le 29 aout (p.473), veille du jour fatidique
[10] La niaiserie des quelques lettres extraites d'un échange épistolaire censé être le cœur d'un roman, "Les origines du mal", devenu "un immense chef d'œuvre" (p.33)
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SNIPPETS

L'Islam une secte?

Régulièrement accusés de faire partie d'une secte, les francs-maçons on proposé un critère leur permettant de récuser ce dire: "Une secte, c'est une organisation dans laquelle il est facile d'entrer et difficile – voir impossible – de sortir. La franc-maçonnerie, c'est exactement le contraire".
Appliquer ce critère à l'Islam est révélateur à plus d'un titre. Car enfin, si l'Islam est vraiment une religion à laquelle il est facile de se convertir – il suffit de prononcer par trois fois ce vœu et la messe est dite – il est beaucoup moins facile d'en sortir dans nombre de pays où l'apostasie est punie de mort.
Face à cette ambigüité quant au statut d'une religion qui s'affirme universelle, il serait temps que les oulémas chargés de l'exégèse du Coran se prononcent enfin pour condamner le sort encore réservé aux apostats dans trop de pays où l'Islam est reconnu comme religion nationale.

Responsabilité de gauche, responsabilité de droite

La sortie sur nos écrans du dernier film de Ken Loach couronné au festival de Cannes repose la question de la responsabilité affirmée de Margaret Thatcher dans l'émergence d'une misère sociale affectant certaines parties de la société britannique. Mais cette responsabilité n'est elle pas à rechercher dans l'action des gouvernements l'ayant précédée au 10 Downing Street, laquelle avait conduit en son temps le Royaume Uni à demander l'aide du FMI pour redresser une situation économique devenue catastrophique à force de laxisme budgétaire?
Pareillement, de ce côté ci de la Manche, et alors qu'un probable prochain gouvernement de droite décidera de repousser l'âge de départ à la retraite, avec la possible conséquence d'un accroissement du nombre de seniors au chômage, la responsabilité de cette situation n'incombe t'elle pas au gouvernement de Pierre Mauroy qui avait fait croire aux français qu'ils pouvaient s'offrir la retraite à 60 ans?

Les putes de la Mairie de Paris

Au moment où les premiers résultats d'évaluation de la loi condamnant les client(e)s des prostitué(e)s se révèlent moins que concluants, il apparaît opportun de rappeler comment certains élus parisiens du Parti Sectaire ont voté contre la reconduction d'une subvention de la Mairie destinée à l'association Lotus Bus.
Rappelons que cette émanation de Médecins du Monde a pour objet de délivrer aux prostitué(e)s parisien(ne)s réconfort et aides en tout genre. Parmi ces dernières, les aides pour déposer plaintes en cas de violence, ou pour les accompagner à l'hôpital en cas de maladies, contribuant du même coup à la prophylaxie des maladies vénériennes(*).
On voit par là que ces mêmes élus ne cherchent pas tant à se préoccuper du sort des prostitué(e)s que punir les adeptes du métier le plus vieux au monde et que leur idéologie prétend faire disparaître, permanente illusion de tous les Tartuffe judéo-chrétiens.
 (*) j'emploie ce terme à dessein en lieu et place du politiquement correct MST.

Intérêts particuliers, intérêt général

Le projet d'aéroport à Notre Dame d'Hollande est un cas d'école sur la tendance profonde qui voit de plus en plus d'intérêts particuliers, heurtés par la mise en œuvre d'une décision d'intérêt général, finissent par prévaloir, par le droit – ou la force.
Qu'un projet d'infrastructure d'une certaine importance, et déclaré d'intérêt général au cours d'un processus dûment encadré par la Loi, se fasse au détriment d'intérêts particuliers, cela ne fait aucun doute. C'est pourquoi cette même Loi permet à ces particuliers de faire état de leur droit, voire à être convenablement indemnisés si ces droits ne peuvent suffire à remettre en cause l'intérêt général du projet.
En dépit de ces dispositions légales, que se passe-t-il dans les faits? Sitôt qu'un intérêt particulier, si minime soit il, se place au travers d'un projet d'intérêt général, on voit se créer un ou des collectif(s) – forcément à caractère citoyen – poursuivant un seul but: faire capoter le projet par tous les moyens y compris la violence envers les représentants institutionnels chargés de faire respecter la Loi.
Face à cette nouvelle posture sociétale d'ensemble, à laquelle viennent s'associer, de façon opportune, des minorités agissantes n'ayant pour raison de vivre que d'affaiblir l'Etat de Droit, on peut se demander si les grands travaux d'infrastructures menés depuis le 19ème siècle et qui ont contribué à faire du paysage français ce qu'il est, seraient à présent possibles à mener à bien.

Berlusconisation rampante

Etant de la génération ayant vécu les événements de mai 68, je m'étais fait la réflexion que, si une Révolution devait vraiment naître de ces événements, ce serait pour affirmer la séparation de trois autres pouvoirs: le pouvoir politique, le pouvoir économique, et le pouvoir informationnel, sachant qu'à l'époque le substantif médias ne connaissait pas encore sa vogue actuelle.
Las, les exemples récents qui voient se multiplier la coalescence autour d'un même individu de ces trois pouvoirs tendent à montrer que cette Révolution ne cesse de s'éloigner.
Pionnier de cette sorte en Italie, Berlusconi a mis à profit ses succès dans les affaires pour se "payer" des médias acquis depuis à sa cause avant que de se lancer en politique avec les résultats mitigés que l'on sait. Plus loin de nous, Taksin Shinawatra a su appliquer cette formule pour, à partir de sa fortune bâtie sur l'empire Thaïlandais des télécommunications et des chaines TV associées, finir par conduire le royaume au bord du gouffre en se faisant élire sur un programme populiste.
En France, les exemples récents de Serge Dassault et Vincent Bolloré devraient nous faire réfléchir sur les dangers d'une collusion toujours plus prégnante entre politique, économique et médias.

Donald Trump ou la "Démocratie des Crédules"

La Démocratie des Crédules, théorisée par le sociologue Gerald Bronner(*), décrit l'emprise de l'Internet et des réseaux a-sociaux sur la capacité de jugement de l'individu visant le/les représentant(s) démocratiquement élu(s). Sur les nouveaux espaces numériques en effet, les fausses informations, les buzz, les rumeurs se démultiplient de façon exponentielle, leur donnant l'apparence d'une vérité universelle compte tenu du nombre et de la diversité de ceux qui les relaient. Ainsi des théories du complot qui apparaissent d'autant plus crédibles que, sitôt ébauchées, elles occupent la presque totalité du cyber-espace.
Donald Trump a parfaitement intégré cette paralogique en affirmant du haut de son podium la crédibilité de complots tels que la partialité de la presse américaine ou le trucage des élections. Ce faisant il peut effectivement compter sur cet électorat crédule qu'aucun argumentaire ne saurait détourner de ces croyances profondes. Pour résumer d'un mot ce mécanisme on peut dire que Trump, s'il est élu, l'aura été par une majorité de jobards.

 (*) ed.PUF, 2013

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Guignol's Band

Les guignols de l'info sont morts…vive le Guignol's Band!





Ségo ou le culte de la binette
Dans le concours "ma binette partout" lancé par le palmipède, Ségo-la-démago tient la corde. Après avoir commandité aux frais de son Ministère un film célébrant les exploits(*) de Madame COP21, elle s'est portée volontaire – devant le peu d'empressement de ses collègues – pour représenter l'exécutif chez le Pape à l'occasion de la canonisation de deux français dont un prêtre victime des Massacres de Septembre…
(*) cf. Guignol's Band de juin 2016


Echanges de sobriquets
Nos guignols habituels voudraient ils à leur tour publier un Guignol's Band? C'est ainsi que Normal 1er se fait à présent traiter de "tarte molle" par son ancien protégé et ci-devant Ministre de l'Economie. Moi-président n'est lui-même pas en reste puisqu'il affuble Najat-bécassine du sobriquet de "pimprenelle" car experte dans l'art d'endormir son monde: - Bonne nuit les petits!


Ouverture de la chasse
Najat-bécassine, se retrouve la cible à nouveau de Normal 1er dans ses récentes confidences aux journaleux. "Ce n'est pas une intellectuelle" affirme t'il – comme si c'était un scoop! – Mais aussi: "Elle est très forte en langue de bois" - toujours pas de scoop - Et encore: "Elle me rappelle Ségolène dans les années 80"! Julie, à ta place je ferais gaffe; il y a de la remplaçante dans l'air!


Gueule de bois chez les écolos-gauchos
Ayant visiblement achevé de saouler son monde, Duflot-de-paroles vient de se faire éjecter de la primaire des écolos-gauchos. Il faut dire qu'elle n'avait pas été à court de blabla pour y annoncer sa participation: "Donc, si les conditions de la primaire permettent (…) de transmuter la primaire, de ne plus en faire un boulet mais un point d'appui pour une campagne présidentielle qui porte les idées de l'écologie et qui nous emmène plus loin que ce que nous avons fait jusqu'alors, alors, oui, bien sûr, j'aurai envie d'y participer." Fermez le ban.


Surcroit d'Ors de la République
Toujours prompt à rechercher des sinécures, Lang-de-vipère a parfaitement compris que la capacité de nuisance était l'une des recettes les plus sûres pour arriver à décrocher la timbale. Ainsi de son livre "Pour une révolution scolaire" dans lequel il défouraille à tout va sur les trois derniers ministres qui se sont succédés à la tête de l'Education Nationale. En récompense de ce haut fait d'armes, Normal 1er vient de le charger d'une mission sur "les œuvres d'art en péril" qu'il conduira depuis son nouveau bureau de l'Hôtel Marigny. Des fois que celui qu'il occupe déjà à l'Institut du Monde Arabe ne serait pas assez grandiose pour ce faire.


C'est l'automne
Voulant réintégrer la scène politique en défenseur des nouvelles technologies, l'Agité-du-meuble avait obtenu la Présidence d'une start-up qui développe une mini-éolienne baptisée "l'arbre à vent". Las, cet arbre s'avère perdre ses "feuilles" dès que le vent dépasse 50 km/h…De plus un audit externe estime à quelques 3000 le nombre de ces arbres pour remplacer une éolienne classique. Pas de doute le reboisement productif français est en route.


Propos librement inspirés de " la marre aux canards" d'un hebdomadaire satirique paraissant le mercredi